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Le début de saison difficile de Jakub Dobes continue de faire réagir. Samedi matin, pas moins de quatre textes des quotidiens de Québecor portaient sur le gardien du Canadien et sur la situation devant le filet du club : une analyse technique de Marc de Foy, une proposition de mentorat signée Dany Dubé, un plaidoyer pour la patience de Jean-Nicolas Blanchet et le portrait du casse-tête à trois gardiens dressé par Jessica Lapinski. Tour d’horizon des arguments avancés.
Le contexte est connu : mercredi à Washington, Dobes a cédé cinq fois en 24 lancers dans une défaite de 5-4 contre les Capitals, et il s’est lui-même blâmé dans le vestiaire après le match. Pendant ce temps, Jacob Fowler brille et Martin St-Louis n’a toujours pas annoncé qui gardera le filet ce soir contre les Sabres de Buffalo.
Revenir à un style plus méthodique

Pour Marc de Foy, du Journal de Montréal, la solution passe d’abord par la technique. Il a consulté un grand connaisseur du poste qui préfère garder l’anonymat : selon cet expert, le style de Dobes a changé à mesure que les séries avançaient le printemps dernier. Au début, le gardien était gros devant son filet, toujours en bonne position, et les rondelles le frappaient. Puis il a perdu ces bonnes habitudes : il a commencé à se lancer partout, en déséquilibre, multipliant les arrêts spectaculaires mais proches du désespoir — et cela se poursuit cette saison.
Le remède, selon cette analyse, serait un retour au style méthodique qui lui a valu du succès, un aspect qu’il travaillera sans doute avec Marco Marciano, l’entraîneur des gardiens, qui l’avait aidé à peaufiner son jeu à son arrivée avec l’équipe. De Foy invite aussi à la prudence avant de lancer la serviette : Dobes n’a que 25 ans et a le physique de l’emploi avec ses 6 pi 4 po. Il rappelle que Patrick Roy avait lui aussi un style échevelé à ses premières saisons, avant de développer le style papillon avec François Allaire. Et il cite une étude éloquente sur la difficulté du poste : 25 % des quelque 600 gardiens repêchés dans la LNH depuis le début du siècle n’y ont disputé que 15 matchs ou moins.
Un SOS à Carey Price?
Dany Dubé, dans le Journal de Québec, propose une autre piste : organiser une rencontre entre Dobes et Carey Price. Selon lui, le gardien n’a pas perdu son talent durant l’été ; il apprend à vivre avec de nouvelles attentes, lui qui est passé du statut de jeune sorti de nulle part — un improbable choix de cinquième tour — à celui d’homme de la situation, avec un contrat de trois ans et plus de 16 M$ consenti l’été dernier. Un mentor comme Price, qui a vécu la pression du marché montréalais et une situation comparable avec Jaroslav Halak en 2010, pourrait faire passer le même message qu’un entraîneur, mais autrement. Ce ne serait pas un désaveu de Marco Marciano.
Dubé appuie son propos de chiffres sur les tirs de l’enclave : le taux d’arrêts de Dobes dans le bas de l’enclave est passé de ,820 l’an dernier à ,706 cette année, et de ,880 à ,829 dans le haut de l’enclave. À titre de comparaison, Jeremy Swayman, des Bruins de Boston, affiche ,958 sur les tirs du haut de l’enclave. Pour Dubé, le numéro 75 doit retrouver l’attitude qui faisait dire à ses coéquipiers, en séries l’an dernier : « quand c’est Dobes, on n’a pas de questions à se poser ».
La courte mémoire des partisans
Jean-Nicolas Blanchet, lui, s’en prend à la mémoire courte des partisans envers les gardiens du Canadien. L’histoire se répète, rappelle-t-il : on voulait échanger José Théodore pour faire place à Mathieu Garon, confier le filet à Yann Danis quand Cristobal Huet en arrachait, échanger Carey Price au profit de Jaroslav Halak, puis on a réclamé Cayden Primeau quand Jake Allen ne suivait plus. C’est maintenant au tour de Dobes.
Blanchet reconnaît que le gardien tchèque est très mauvais actuellement — selon MoneyPuck, il a accordé 5,8 buts de plus que ce que les modèles attendaient. Mais il souligne que Dobes n’a disputé que quatre matchs cette saison, dont un seul vraiment fumant à son premier départ et trois mauvais par la suite. À l’inverse, la saison dernière, il a signé 17 victoires à ses 23 derniers départs en saison régulière avec un taux d’arrêts de ,907, et en séries, aucun gardien ne l’égalait pour les buts sauvés au-dessus des attentes : 13 buts sauvés de plus que prévu en 19 matchs. Sa formule résume le propos : « Six mois à lui ériger une statue. Trois matchs pour la déboulonner. »
Un casse-tête à trois gardiens
Reste le portrait d’ensemble dressé par Jessica Lapinski : avec le retour éventuel de Samuel Montembeault, blessé à l’aine à l’entraînement il y a 11 jours et dont l’absence sera plus longue que les 14 jours prévus selon Renaud Lavoie, le Canadien se retrouve avec un ménage à trois qu’il souhaitait justement éviter. Montembeault avait pourtant été le plus dominant des trois au calendrier préparatoire, avec un taux d’arrêts de ,958, devant Fowler (,895) et Dobes (,860).
Les questions demeurent entières : confier le poste de numéro un à qui, et garder trois gardiens à Montréal ou non? Fowler, 21 ans, ne compte que 20 matchs d’expérience dans la LNH, mais ses statistiques surpassent largement celles de Dobes pour l’instant. Et comment ce dernier retrouvera-t-il sa confiance s’il perd son poste au profit du jeune? Une chose est sûre : après une participation à la finale de l’Est au printemps, le Canadien ne peut pas se permettre de laisser filer des points comme ceux de mercredi à Washington. La réponse de Martin St-Louis pour le match de ce soir contre les Sabres donnera un premier indice.
Sources : Journal de Montréal (Marc de Foy), Journal de Québec (Dany Dubé), Journal de Québec (Jean-Nicolas Blanchet) et Journal de Montréal (Jessica Lapinski).

