Sans Nick Suzuki, les quatre centres du Canadien se lèvent, selon Eric Engels

Pour un premier match sans son capitaine, le Canadien s’en est tiré avec une prestation d’équipe rassurante. Privé de Nick Suzuki, blessé au haut du corps pour une absence évaluée à deux à quatre semaines, le Tricolore a battu les Blackhawks de Chicago 4 à 1, vendredi au United Center. Dans son analyse pour Sportsnet, le chroniqueur Eric Engels soutient que ce sont les quatre centres de l’équipe qui ont stabilisé le navire, chacun à sa manière.

La prévisibilité, le mot d’ordre de Martin St-Louis

Phillip DanaultLe mot clé, chez l’entraîneur-chef Martin St-Louis, est la prévisibilité. Vendredi après-midi, il a tenu des propos sur Oliver Kapanen qui s’appliquaient en fait à ses quatre centres : « Je pense qu’Oliver comprend que le hockey n’est pas un jeu d’un contre un. C’est un jeu d’équipe, un jeu collectif avec des moments d’un contre un. Je ne pense pas que Kappy cherche ces moments d’un contre un. Il respecte les règles du jeu, le jeu collectif des deux côtés de la rondelle, et ça lui permet d’aider l’équipe des deux côtés. Il est très prévisible pour ses coéquipiers. »

Engels le souligne : Phillip Danault joue de la même façon, et son trio affichait, avant le match de vendredi, le meilleur pourcentage de buts attendus de toute la LNH parmi les trios comptant au moins 65 minutes ensemble. Alex Newhook est du même moule, au centre d’un autre trio solide avec Josh Anderson et Chris Kreider. Et Jake Evans ne déroge pratiquement jamais aux règles du jeu collectif.

Personne parmi les quatre n’a le dynamisme de Suzuki, un centre de 100 points dont le trophée Selke de la saison dernière (selon Sportsnet) a confirmé le statut parmi les meilleurs attaquants défensifs du circuit. Mais tous sont aussi prévisibles que lui, au sens où l’entend St-Louis. Pour le remplacer collectivement pendant son absence, il leur suffit donc d’être eux-mêmes.

Jake Evans mène la charge

Jake Evans a été le meilleur des quatre à Chicago : deux buts et une passe. Son but égalisateur est venu exactement de cette prévisibilité : il s’est placé là où Kirby Dach s’attendait à le trouver. Il a aussi marqué en désavantage numérique et préparé le premier but de la saison de Kaiden Guhle, pendant que son trio dominait les tentatives de tir 7 à 2. Il a terminé le match à moins d’une minute du temps de jeu de Danault.

Danault, lui, a récolté une passe et un différentiel de +2 en 18 min 09 s contre l’équipe qui l’a repêché au premier tour en 2011. Newhook n’a pas noirci la feuille de pointage, mais son trio a remporté les tentatives de tir 8 à 5. Quant à Kapanen, installé à la place de Suzuki aux côtés de Juraj Slafkovsky et Cole Caufield, il a fini à -1 uniquement à cause du but de Connor Bedard : un dégagement de Slafkovsky dévié par le patin du juge de lignes, qui a mené à une descente en surnombre conclue par le tir caractéristique de Bedard. « Il a simplement joué son jeu et il les a aidés », a résumé Evans au sujet de Kapanen.

Une troisième période enfin fermée

Le Canadien (fiche de 5-3-2) sortait d’une semaine où il avait gaspillé trois avances de deux buts en troisième période. Cette fois, il a fermé la porte : 12 de ses 41 tentatives de tir à cinq contre cinq sont venues en troisième, contre seulement 8 des 25 de Chicago (3-7-0). « Je ne me souviens vraiment pas d’un seul jeu, en troisième période, qui aurait pu nous faire mal », a dit Evans.

Même la pénalité pour avoir accroché écopée par Slafkovsky avec un peu plus de six minutes à jouer — un appel limite, selon Evans — n’a rien coûté : Teuvo Teravainen a annulé l’avantage numérique des Blackhawks 18 secondes plus tard. De retour après quatre matchs d’absence (bas du corps), Mike Matheson a scellé le résultat dans un filet désert.

Reste Kapanen, auteur de 22 buts et 37 points à sa saison recrue, qui a raté les 18 premiers jours de la campagne en raison d’une blessure à un genou. Son jeu d’ensemble est déjà au point, et son attaque devrait suivre, estime Engels. Conclusion du chroniqueur : les quatre centres sont prévisibles et fiables, et St-Louis peut les opposer à n’importe quel adversaire, aux deux extrémités de la patinoire. Exactement ce qu’il lui faut pendant l’absence de Suzuki.

Source : Eric Engels, Sportsnet (analyse publiée le 24 octobre 2026). Photo mise en avant : Oliver Kapanen. Photo dans le texte : Phillip Danault (crédit : David Kirouac).

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