Jeudi soir contre Nashville, Martin St-Louis a brassé ses trios pendant tout le match à la recherche d’une étincelle. Tous ses trios… sauf un : celui de Phillip Danault entre Zachary Bolduc et Alexandre Texier. Quand un entraîneur ne touche pas à un trio pendant qu’il mélange tout le reste, ce n’est pas un hasard. C’est un vote de confiance.
Et ce vote, le trio le mérite.
Danault, l’ancrage. À 33 ans, le vétéran de Victoriaville fait ce qu’il a toujours fait : gagner ses mises en jeu, éteindre les meilleurs trios adverses et donner à ses ailiers la liberté d’attaquer. Il ne remplit pas la feuille de pointage (une passe en quatre matchs), mais c’est lui qui permet aux deux autres de s’exprimer.

Bolduc, le franc-tireur. Trois buts en quatre matchs depuis le début de la saison, dont un doublé contre la Caroline. Le Québécois de 23 ans, qui vient de signer une prolongation de quatre ans avec le CH en septembre, a un tir qui fait mal — et il ne se gêne pas pour l’utiliser. Samedi contre Detroit, il a frappé un poteau, s’est fait refuser un but et a finalement tranché le débat en fusillade. Il est partout, tout le temps.

Texier, le fabricant de jeu. Le Français de 26 ans est peut-être la pièce la plus intrigante. Ses deux passes de la saison sont venues dans le même match que le doublé de Bolduc, contre la Caroline. Ce n’est pas une coïncidence : quand Texier crée, Bolduc finit.

Ce trio donne au Canadien quelque chose de précieux : une deuxième vague offensive crédible derrière le premier trio, capable de marquer et de ne pas se faire marquer. Danault verrouille, Texier distribue, Bolduc décoche. Simple, efficace, et de plus en plus dangereux.
La question n’est plus de savoir si St-Louis va défaire ce trio. C’est de savoir combien de temps les adversaires vont mettre à s’en méfier.

