De Price-Halak à Fowler-Dobes : le Canadien devant un dilemme familier devant le filet

Une situation intéressante se développe devant le filet du Canadien de Montréal, et elle rappellera des souvenirs aux partisans de longue date. Avec Jacob Fowler qui impressionne en ce début de saison 2026-2027 et Jakub Dobes qui peine à trouver sa constance, le Tricolore pourrait éventuellement se retrouver devant un choix difficile pour son avenir devant le filet — un débat familier qui ressemble à celui qui avait divisé les partisans il y a plus de 15 ans entre Carey Price et Jaroslav Halak. C’est le parallèle que dresse The Hockey Writers.

Les similitudes avec le débat Price-Halak

Carey Price et Jaroslav Halak en 2010

À la fin des années 2000, le Canadien comptait deux jeunes gardiens prometteurs. Carey Price, choisi au cinquième rang du repêchage de 2005, était vu comme l’avenir de l’organisation devant le filet, tandis que Jaroslav Halak, une sélection de neuvième ronde en 2003, s’était taillé une place dans la LNH et s’était imposé comme une option légitime.

Le débat a atteint son sommet en 2009-2010, quand Halak a pris le rôle de partant et livré une performance éliminatoire inoubliable : il a aidé Montréal à éliminer les Capitals de Washington et les Penguins de Pittsburgh avant que le Canadien ne s’incline en finale de l’Est contre les Flyers de Philadelphie. Malgré ces exploits, le Canadien a choisi de miser sur Price et a échangé Halak aux Blues de St. Louis en juin 2010, en retour de Lars Eller et Ian Schultz. La décision était controversée à l’époque, mais l’histoire a donné raison à Montréal : Price est devenu l’un des plus grands gardiens de l’histoire de la concession.

Aujourd’hui, le Canadien mise sur un autre jeune tandem. Comme Price à l’époque, Fowler est vu comme la solution à long terme de l’organisation, alors que Dobes, un choix de cinquième ronde, a dépassé les attentes et prouvé qu’il peut jouer dans la LNH. Les circonstances sont différentes, mais les similitudes sont difficiles à ignorer.

Fowler prend le dessus

En début de saison, Dobes semblait avoir l’avantage. Après des séries éliminatoires impressionnantes et une nouvelle prolongation de contrat, le gardien de 25 ans paraissait prêt à s’établir comme partant du Canadien. Les choses ne se sont toutefois pas déroulées comme prévu : en quatre départs, il présente une fiche de 1-2-1, une moyenne de buts alloués de 4,63 et un taux d’arrêts de ,842. La défensive montréalaise n’aide pas, mais Dobes a paru inconfortable par moments et n’a pas offert la constance dont l’équipe a besoin.

Fowler, lui, a pleinement saisi sa chance. Rappelé à la suite de la blessure de Samuel Montembeault, le jeune Américain a impressionné à ses quatre premiers matchs : trois victoires, une moyenne de 2,16 et un taux d’arrêts de ,900. Il n’a pas été parfait, mais il a apporté la stabilité dont le Canadien avait désespérément besoin, et il semble de plus en plus à l’aise contre la compétition de la LNH. À ce stade, il devient difficile de justifier un retour de Fowler avec le Rocket de Laval, surtout s’il continue de performer à ce niveau : l’organisation le voit comme une pièce majeure de son avenir, et cet avenir pourrait arriver plus tôt que prévu.

Échanger Dobes, une possibilité?

La question se pose donc : le Canadien pourrait-il éventuellement envisager d’échanger Dobes? L’idée peut sembler prématurée, surtout compte tenu de son importance lors des dernières séries. Mais si Fowler continue de s’imposer comme le gardien numéro un à long terme, la direction aura un jour une décision à prendre. Avec le retour éventuel de Montembeault et Dobes déjà sous contrat pour les prochaines années, Montréal pourrait se retrouver avec trois gardiens de calibre de la LNH pour deux places.

Garder Fowler et Dobes ensemble demeure aussi une option légitime : avoir deux jeunes gardiens talentueux est loin d’être un mauvais problème pour une équipe qui vise la Coupe Stanley dans les prochaines années. Dobes pourrait toutefois devenir un atout intéressant sur le marché : à 25 ans, il a déjà démontré qu’il peut performer sous pression, et son âge, son expérience et son contrat pourraient attirer les équipes à la recherche d’aide devant le filet. Un échange permettrait à Kent Hughes de combler un autre besoin tout en maximisant la valeur d’un actif.

Cela dit, le Canadien ne devrait rien précipiter : quatre départs difficiles ne suffisent pas pour abandonner un jeune gardien qui a déjà montré autant de promesses. Le débat Price-Halak rappelle que des décisions difficiles doivent parfois être prises, mais aussi que la patience et la confiance envers un plan à long terme peuvent rapporter. Pour l’instant, Montréal a tout intérêt à laisser ses deux jeunes gardiens compétitionner et se développer — même si, à terme, un choix familier pourrait bien façonner l’avenir de la concession devant le filet.

Source : The Hockey Writers. Photos : Eric Bolte/Imagn Images (Dobes et Fowler) et archives (Price et Halak).

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