Michael Hage contre Dylan Larkin : le dilemme moral d’une transaction

Et si le Canadien devait sacrifier Michael Hage pour mettre la main sur Dylan Larkin? La question fait jaser, et un chroniqueur de Dose.ca s’est amusé à l’analyser sous un angle inusité : la philosophie morale de David Hume.

Que pourrait-il y avoir de moral ou d’immoral dans une transaction de hockey, direz-vous? Un jeune espoir contre un vétéran capable d’aider immédiatement : on a déjà vu ça des centaines de fois. Mais selon l’éthique des sentiments de Hume, notre jugement du bien et du mal passe d’abord par une impression instinctive face aux personnages impliqués — et c’est là que ça se complique.

D’un côté, Dylan Larkin. Malgré son talent indéniable, plusieurs s’interrogent sur son caractère : ce qu’on a vu sortir de Détroit au cours des deux dernières années laisse planer des doutes. Est-il assez solide mentalement? A-t-il tendance à blâmer les autres plutôt qu’à assumer ses responsabilités? Pourquoi n’a-t-il pas voulu redresser la situation avec ses coéquipiers à Détroit? Et voudrait-il vraiment jouer au Canada, dans un marché à haute pression comme Montréal? Beaucoup de questions, peu de réponses pour l’instant.

De l’autre, Michael Hage. Les partisans québécois du CH lui sont très attachés : son père, un immense partisan des Canadiens décédé un an avant son repêchage, lui a transmis cet amour du Tricolore. Michael, qui parle très bien français, a répété à maintes reprises qu’il voulait jouer pour le Canadien. Et sur la glace, sa progression est bien réelle à tous les niveaux. Plusieurs auraient d’ailleurs aimé le voir enfiler le chandail du CH cet automne, lui qui n’aurait probablement plus grand-chose à apprendre dans la NCAA. Son choix de rester une troisième année à Michigan a d’ailleurs été vu par plusieurs comme un signe de maturité — encore une marque de bon caractère.

Le caractère de la direction du Canadien serait donc lui aussi mis à l’épreuve dans l’éventualité d’une telle transaction. Jeff Gorton et Kent Hughes passeraient-ils pour des dirigeants sans cœur, échangeant un espoir adoré et désireux de jouer ici contre un joueur de 30 ans, encore très bon certes, mais qui ne peut que décliner? Ne devraient-ils pas au moins donner à Hage la chance de disputer quelques matchs avec le Canadien? Ou seraient-ils au contraire perçus comme des administrateurs rigoureux et audacieux, capables de mettre leurs émotions de côté pour saisir une fenêtre d’opportunité qui s’ouvrirait dès cette saison?

Le verdict du chroniqueur : acquérir Larkin en échange de Hage resterait un cas limite, tant sur le plan hockey que sur le plan moral. Malgré l’attrait sportif immédiat, les doutes persisteraient.

Et vous, applaudiriez-vous Larkin ce soir au Centre Bell, ou une telle transaction vous laisserait-elle un goût amer?

Source : Dose.ca

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