Canadiens · 7 novembre 2026 · par Daniel Bigras

« Ce n’est pas les codes nucléaires! » : le grand secret du Canadien autour de Demidov ne passe pas pour Stu Cowan

Ivan Demidov avec la rondelle contre les Maple Leafs

Le courrier des lecteurs hebdomadaire de Stu Cowan, dans la Montreal Gazette, s’ouvre cette semaine sur la question d’un partisan, Pete Gervais : le Canadien avait pourtant promis, après son grand ménage d’il y a quelques années, que son personnel médical serait plus ouvert au sujet des blessures. Alors, qu’est-il arrivé avec Ivan Demidov?

La réponse du chroniqueur est sans détour : le mystère entretenu par le club autour de son jeune attaquant russe ne tient pas la route, surtout depuis que son propre agent a vendu la mèche.

Le grand secret autour de Demidov

Ivan Demidov en action avec le CanadienDemidov s’est blessé en bloquant un tir du pied droit lors d’un match préparatoire Kraft Hockeyville, le 21 septembre à Trois-Rivières. Il a raté le dernier match préparatoire, mais il a tout de même disputé les deux premiers matchs de la saison régulière avant d’être retiré de la formation.

C’est son agent, Dan Milstein, qui a révélé mercredi, au balado DFO Insider, ce que le Canadien n’avait jamais dit : une fracture de la cheville, décelée par résonance magnétique après le deuxième match, et encore « quelques semaines » d’absence à prévoir. Le 6 octobre, le club parlait pourtant d’une blessure au bas du corps et d’une absence de deux à quatre semaines — un échéancier aujourd’hui dépassé, alors que Demidov, 20 ans, n’a recommencé à patiner en solo que cette semaine et ne s’entraîne toujours pas avec ses coéquipiers.

Jeudi, la direction n’a fourni aucune mise à jour, promettant des nouvelles pour vendredi. Mais l’entraînement de vendredi a été annulé après la victoire de 5-4 en prolongation contre le Mammoth de l’Utah, et le point officiel n’est jamais venu. Cowan, citant un ami médecin d’urgence, rappelle que « la médecine n’est pas une science exacte » et que le diagnostic initial a simplement pu être erroné — ça arrive. Sa question est ailleurs : pourquoi ne pas l’admettre, tout simplement?

Les partisans, surtout ceux qui paient le gros prix pour des billets de saison, méritent mieux qu’une mise à jour livrée par un agent, plaide-t-il. Un membre des médias, jeudi soir au Centre Bell, a résumé le sentiment général : « Ce n’est pas comme si on demandait les codes nucléaires. » Et Cowan rappelle la promesse faite par le propriétaire Geoff Molson après la saison 2017-18, quand le club avait terminé 28e au classement : plus de transparence, et « plus on en donne, plus on est transparents, mieux ce sera ».

🏒 LE DOSSIER DEMIDOV EN CHIFFRES

  • 21 septembre : tir bloqué du pied droit à Trois-Rivières, en match préparatoire
  • 6 octobre : le Canadien annonce une absence de 2 à 4 semaines (bas du corps)
  • Après le 2e match de la saison : la résonance magnétique révèle une fracture de la cheville, selon son agent
  • Cette semaine : retour au patinage, en solo seulement — aucun entraînement avec l’équipe
  • Vendredi : entraînement annulé, aucune mise à jour officielle du club

Les chandails Hometown Remix, une affaire d’argent?

Un autre lecteur y va fort : les chandails Hometown Remix ne seraient qu’une façon pour Geoff Molson de soutirer des centaines de dollars à des partisans naïfs — et on ne brise pas une séquence victorieuse avec de nouveaux uniformes. Cowan concède le fond commercial, mais précise que le Canadien n’avait pas le choix : il s’agit d’une initiative de la ligue avec Fanatics, et les 32 équipes ont leur chandail Hometown Remix cette saison. Personne n’oblige les partisans à l’acheter.

Le baptême du chandail blanc et rouge a tout de même mal tourné : mardi, le Canadien a laissé filer une avance de 4-0 dans les 2 min 39 s finales pour s’incliner 5-4 en prolongation devant les Jets de Winnipeg — de quoi raviver le souvenir des chandails Reverse Retro bleu poudre de 2022-23, portés lors d’une fiche de 1-6-1. Le club ressortira le Hometown Remix à neuf reprises cette saison, dont ce samedi à Toronto contre les Maple Leafs. Le défenseur Kaiden Guhle a toutefois confié à Cowan que les couleurs ne changent rien une fois le match commencé — même si le casque rouge avec des gants blancs lui a paru étrange.

L’effondrement contre les Jets : une leçon à retenir

L’effondrement de mardi était bel et bien historique : jamais une équipe n’avait comblé un retard de quatre buts aussi tard, le record précédent (7 min 14 s) appartenant aux Kings de Los Angeles contre Dallas, le 10 novembre 2007. Pour Cowan, la leçon tient dans la célèbre phrase de Yogi Berra : « Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini. »

Interrogé jeudi sur ce que la victoire contre le Mammoth disait de son groupe, Martin St-Louis n’a pas fait de grands discours : « Ça ne me dit rien que je ne sache déjà. Ce groupe a faim. On n’est pas parfaits. C’est une longue saison — il va y avoir des hauts et des bas. Mais on reste concentrés sur la tâche. » Et d’ajouter : « On est résilients. On peut être honnêtes, réparer, et les gars sont engagés. »

Montembeault : le ballottage plutôt qu’un ménage à trois?

Autre question d’un lecteur : que se passera-t-il quand Samuel Montembeault sera rétabli? Cowan note d’abord que le Canadien s’était aussi trompé dans son cas : le 9 octobre, le club annonçait une absence de 10 à 14 jours pour une blessure au bas du corps. La direction espérait le voir rebondir comme adjoint de Jakub Dobes et regagner de la valeur d’échange, à la dernière année d’un contrat comptant pour 3,15 M$ sous le plafond.

Depuis, Jacob Fowler a forcé la main à tout le monde : fiche de 7-1-1, moyenne de 2,17, taux d’efficacité de ,925 et deux jeux blancs. Cowan ne voit pas le Canadien revenir à un ménage à trois gardiens. Si aucun club ne manifeste d’intérêt pour une transaction, le scénario qu’il envisage est un renvoi au Rocket de Laval — ce qui exigerait que Montembeault passe au ballottage, où une autre équipe pourrait alors le réclamer gratuitement et lui offrir une chance de relancer sa carrière.

Larkin ou Kucherov à Montréal? Cowan a choisi son camp

Un partisan de 74 ans, Tony Grice, espère que le Canadien ne mettra la main ni sur Dylan Larkin ni sur Nikita Kucherov : à ses yeux, des joueurs qui décident de quitter leur équipe peuvent devenir un « cancer » dans leur nouveau vestiaire. Cowan refuse de mettre les deux dossiers dans le même sac.

Larkin, membre de l’équipe américaine championne olympique, a clairement indiqué qu’il ne voulait pas jouer au Canada, avec sa liste de 10 équipes soumise aux Red Wings de Detroit. Il lui reste cinq saisons de contrat à 8,7 M$ par année, et il refuse de jouer pour Detroit en attendant d’être échangé. Kucherov, lui, dispute la dernière année d’un contrat de 9,5 M$, continue de jouer pour le Lightning, mais a avisé le club qu’il ne resignerait pas à Tampa. Si Tampa ne l’échange pas, il pourra signer où il veut le 1er juillet — et des rapports indiquent qu’il serait ouvert à Montréal, où il retrouverait Martin St-Louis, son ancien coéquipier à sa saison recrue en 2013-14.

Le verdict de Cowan est net : Larkin pourrait être un risque dans le vestiaire, mais Kucherov, lui, serait « loin d’être un cancer » — surtout en avantage numérique. Le Russe de 33 ans a gagné le trophée Hart la saison dernière avec 44 buts et 130 points, il a récolté au moins 30 buts et 113 points à chacune des quatre dernières saisons, et ses 20 points en 15 matchs cette saison en feraient le meilleur pointeur du Canadien, quatre points devant Lane Hutson (16 points).

Photo : Ivan Demidov — John Mahoney / Montreal Gazette

Source : Stu Cowan, « Habs Mailbag », Montreal Gazette

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