Canadiens · 7 novembre 2026 · par Daniel Bigras

Pendant quatre ans, personne ne le battait : Carey Price, un immortel en chiffres

Carey Price, en chandail blanc des Canadiens, effectue un arrêt du bâton devant son filet

Il n’a jamais gagné la Coupe Stanley. Il n’a pas atteint le volume de travail de ses confrères immortels, et il a récolté ses honneurs individuels au cours d’une seule de ses 15 saisons. Pourtant, Carey Price a été admis au Temple de la renommée du hockey dès sa deuxième année d’admissibilité.

Comment situer le gardien du Canadien de Montréal parmi les plus grands de sa profession? Dans La Presse, le journaliste Guillaume Lefrançois a passé sa carrière au peigne fin, époque par époque. Coup d’œil en chiffres.

Table des matières

Dans l’histoire de la LNH

Affiche officielle du Temple de la renommée du hockey : Carey Price, classe 2026, en chandail des CanadiensSur l’ensemble de l’histoire de la ligue, Carey Price pointe au 29e rang pour les matchs joués (712), au 24e pour les victoires (361), au 34e pour les jeux blancs (49) et au 35e pour la moyenne de buts accordés (2,51).

C’est son classement pour l’efficacité qui ressort du lot : 13e, à ,917. Un bémol s’impose toutefois : ces données ne sont compilées que depuis 1955-1956, et le calcul ne retient que les gardiens ayant disputé au moins 300 matchs — un échantillon de 180 gardiens pour la moyenne de buts accordés et de 157 pour l’efficacité.

Parmi les gardiens du Temple

Price sera le 36e gardien admis au Temple de la renommée. Comparé aux autres intronisés, il se retrouve en milieu de peloton : 17e pour les matchs joués, 14e pour les victoires, 20e pour les jeux blancs et 16e pour la moyenne de buts accordés.

Sauf pour l’efficacité, où il grimpe au 5e rang. Ici encore, la comparaison a ses limites : des légendes comme George Hainsworth, Georges Vézina et Turk Broda ont joué avant que les tirs au but ne soient comptabilisés.

Le patron de son époque

Le portrait change quand on compare Price à ses contemporains, pendant sa carrière de 2007 à 2022 — un échantillon de 45 gardiens ayant disputé au moins 300 matchs. Il y est 3e pour les matchs joués, 4e pour les victoires et 7e pour les jeux blancs, malgré les blessures.

Son volume de travail demeure enviable. Ses classements plus modestes pour la moyenne de buts accordés (15e) et l’efficacité (11e) rappellent toutefois qu’il a aussi connu des soubresauts malgré sa longévité, en plus de deux saisons difficiles après une première saison éclatante.

Son apogée : quatre ans au sommet du monde

C’est en isolant son apogée, de 2013 à 2017, que le constat devient sans appel : pendant quatre ans, Carey Price a carrément été le meilleur gardien de sa profession. 1er pour la moyenne de buts accordés (2,16), 1er pour l’efficacité (,928), 4e pour les jeux blancs (20) et 7e pour les victoires (125), en 199 matchs.

Le fossé avec les autres est abyssal. Parmi les 43 gardiens ayant disputé au moins 100 matchs pendant ces quatre saisons, ses plus proches rivaux pour l’efficacité — John Gibson, Cam Talbot et Sergei Bobrovsky — le suivent à ,922.

Et en prolongation ou en tirs de barrage? Price y montre une fiche de ,500 : 79 victoires et 79 défaites dans les matchs qui ont nécessité un bris d’égalité — 34-32 en fusillade et 45-47 en prolongation. Lui qui avait forgé une partie de sa légende au Mondial junior de 2007, avec une victoire en tirs de barrage contre les États-Unis en demi-finale, n’a donc pas particulièrement fait bouger l’aiguille dans cet aspect du jeu. On peut toutefois argumenter que le Canadien de son époque ne comptait pas sur des attaquants particulièrement doués pour s’imposer à trois contre trois ou en fusillade — l’histoire serait sans doute différente avec des Cole Caufield et des Ivan Demidov.

Et la Coupe Stanley, alors?

Des 36 gardiens au Temple, Price sera le septième à y accéder sans Coupe Stanley à son actif. Les autres : Henrik Lundqvist, Roberto Luongo, Eddie Giacomin, Roy Worters, Chuck Rayner et Hugh Lehman. Posséder une bague est donc loin de constituer un critère noir sur blanc pour l’admission parmi les immortels.

Un palmarès international légendaire

Comme Lundqvist et Luongo, Price partage ce trait : pas de bague de la Coupe Stanley, mais une médaille d’or olympique dans le rôle de gardien partant. Son palmarès international est tout simplement stellaire.

En combinant ses présences au Championnat du monde junior, aux Jeux olympiques et à la Coupe du monde, il montre une fiche de 16-0-0 avec Équipe Canada, avec 5 jeux blancs et seulement 17 buts accordés. Ses trois expériences se sont toutes conclues par un championnat. Et c’est bien le Temple de la renommée du hockey, pas seulement de la LNH : la carrière internationale pèse dans la balance.

🏒 CAREY PRICE EN CHIFFRES

  • 712 matchs, 361 victoires et 49 jeux blancs en carrière dans la LNH
  • ,917 d’efficacité en carrière : 13e de l’histoire, 5e parmi les gardiens du Temple
  • 2013 à 2017 : 1er de la LNH pour la moyenne (2,16) et l’efficacité (,928)
  • 16-0-0 avec Équipe Canada (Mondial junior, Jeux olympiques, Coupe du monde), 5 jeux blancs
  • 36e gardien admis au Temple de la renommée, dès sa 2e année d’admissibilité

Source : Guillaume Lefrançois, La Presse — « Carey Price : un immortel en chiffres ». Photo d’affiche : Temple de la renommée du hockey, classe 2026.

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