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Quand Kent Hughes a pris les rênes du Canadien, l’un de ses premiers objectifs était de rajeunir une formation vieillissante en ajoutant des joueurs qui cadraient avec la vision à long terme de l’équipe. Certaines de ses manœuvres ont naturellement retenu davantage l’attention, comme l’acquisition de Noah Dobson ou la sélection d’Ivan Demidov, mais une transaction continue de particulièrement bien vieillir : celle qui a amené Mike Matheson à Montréal. À l’époque, l’échange avait suscité des réactions partagées : Jeff Petry avait été un défenseur du top 4 fiable pendant des années, et Ryan Poehling était encore perçu par certains comme un futur régulier de la LNH. Quatre ans plus tard, le portrait est beaucoup plus clair.
L’échange de juillet 2022

Le 16 juillet 2022, le Canadien a acquis Mike Matheson et un choix de quatrième ronde en 2023 des Penguins de Pittsburgh, en retour de Jeff Petry et de Ryan Poehling. Ce choix de quatrième ronde est éventuellement devenu le défenseur Bogdan Konyushkov, ajoutant un autre espoir intrigant à la banque du Canadien. Petry n’a passé qu’une seule saison à Pittsburgh avant d’être échangé de nouveau : ironiquement, il est brièvement revenu à Montréal dans la transaction à trois équipes impliquant Erik Karlsson, avant d’être immédiatement cédé aux Red Wings de Detroit contre Gustav Lindstrom et un choix conditionnel de quatrième ronde. Poehling, lui, a quitté Pittsburgh après une saison comme joueur autonome, est passé par les Flyers de Philadelphie avant de se tailler un rôle avec les Ducks d’Anaheim — celui d’un attaquant de profondeur de quatrième trio, loin de l’impact espéré après son premier match dans la LNH.
Pourquoi le Canadien a gagné l’échange
Mike Matheson n’est pas un défenseur parfait : il lui arrive de forcer des jeux, de commettre des revirements ou de prendre des risques avec la rondelle qui frustrent les partisans. Mais on oublie souvent tout le reste. Saison après saison, il a joué d’énormes minutes pour le Canadien, à toutes les étapes de la reconstruction. Que l’équipe ait eu besoin d’offensive de la ligne bleue, d’un défenseur capable de transporter la rondelle en zone neutre ou simplement d’un vétéran pour affronter les meilleurs éléments adverses, Martin St-Louis s’est appuyé sur lui à répétition. Son coup de patin demeure parmi les meilleurs de la brigade montréalaise, ce qui lui permet de se sortir de la pression et de générer de l’attaque en transition. Même après les arrivées de Lane Hutson et de Noah Dobson, Matheson continue de jouer un rôle important grâce à sa polyvalence et à son expérience. Et Hughes a vendu Petry au bon moment, avant que sa valeur ne chute davantage.
Un autre exemple de la gestion d’actifs de Kent Hughes
L’échange Matheson illustre la philosophie de Kent Hughes depuis son arrivée : plutôt que de reconstruire uniquement par le repêchage, il cherche constamment des occasions d’améliorer la formation en pensant plusieurs années à l’avance. Matheson cadrait beaucoup mieux avec l’échéancier de la reconstruction tout en étant capable de jouer de grosses minutes immédiatement, ce qui a donné de la stabilité au Canadien pendant des saisons difficiles et permis aux jeunes défenseurs de se développer sans responsabilités précipitées. Des joueurs comme Lane Hutson, Kaiden Guhle, Jayden Struble et Arber Xhekaj ont bénéficié de cette présence vétérane autour d’eux. À court terme, Matheson est devenu l’un des défenseurs les plus importants de l’équipe ; à long terme, il demeure une pièce précieuse, alors que Petry et Poehling ne sont plus avec les organisations auxquelles ils avaient été échangés. Des années plus tard, le Canadien continue de récolter les fruits de cette décision, ce qui en fait l’une des transactions les plus intelligentes — et les plus sous-estimées — de l’ère Kent Hughes.
Source : The Hockey Writers (photo : David Kirouac, Imagn Images)

