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Il y a des intronisations qui se discutent. Celle-là, non. Dans sa chronique du jour sur LNH.com, l’ancien gardien Jocelyn Thibault tranche : Carey Price, qui deviendra officiellement un immortel du hockey lundi à Toronto, à sa deuxième année d’admissibilité seulement, est probablement ce qui s’approche le plus du gardien moderne parfait.
Et Thibault sait de quoi il parle : choix de premier tour des Nordiques en 1993, 586 matchs et 238 victoires en 15 saisons dans la LNH, dont un passage avec le Canadien, il a ensuite été entraîneur des gardiens de l’Avalanche du Colorado pendant deux saisons.
Toutes les cases, cochées
Price cochait littéralement toutes les cases de ce qu’on recherche chez un cerbère, écrit Thibault : le gabarit (6 pieds 3 pouces), le talent, un sens du jeu et une mobilité bien au-dessus de la moyenne — et un leadership extrêmement fort dans le vestiaire, sans être le plus vocal. Une force tranquille.
Les chiffres ne mentent pas : gardien le plus victorieux de l’histoire des Canadiens (361-261-79), moyenne de buts alloués de 2,51 et pourcentage d’arrêts de ,917. Il a franchi le cap des 30 victoires à cinq reprises, avec un sommet personnel de 44 gains en 2014-15 — la saison où il a tout raflé : les trophées Hart, Vézina, Ted-Lindsay et Jennings.

Un pilier… sans attaque devant lui
Le point le plus frappant de la chronique : Price n’a jamais joué derrière une équipe capable de marquer des buts à profusion. L’équipe était bâtie autour de lui, cherchant à gagner des matchs 3-2 plutôt que 5-4. En 15 saisons à Montréal, il a vu seulement trois joueurs amasser 70 points ou plus (Alex Kovalev, Max Domi et Tomas Plekanec), et moins de 20 fois un coéquipier atteindre 60 points.
Thibault compare avec les équipes qui bâtissent encore autour d’un gardien dominant — le Lightning avec Andrei Vasilevskiy, les Stars avec Jake Oettinger : elles, au moins, ont des joueurs offensifs d’élite pour les entourer. Ce n’était pas le cas de Price. Et il laisse planer la question qui tue : à quoi ressembleraient les statistiques de Price derrière la force de frappe que le Canadien aligne depuis trois saisons?
Quand Price tombait, tout tombait
Arrivé en 2007-08 dans une équipe qui peinait à faire les séries, Price a lancé une ère plus victorieuse : 10 participations aux séries, le carré d’as en 2014 et en 2021, et la finale de la Coupe Stanley de 2021, où il a été la raison principale du parcours du Tricolore.
La preuve par l’absence : blessé au genou droit en 2015-16, alors que le CH occupait le premier rang de la LNH, l’équipe a conservé une fiche de 21-34-4 sans lui — la moins bonne de la ligue — et raté les séries. Opéré au même genou avant 2021-22 (cinq matchs seulement), le Canadien a terminé dernier au classement général.
Le tout à la position la plus scrutée du sport, là où la pression est constante — Thibault rappelle le fameux « Relax, chill out » du camp d’entraînement de 2010, après une mauvaise sortie préparatoire, devenu la marque d’un gardien qui ne ressentait tout simplement pas le stress comme les autres.
Les 10 plus beaux arrêts de sa carrière
La chronique de LNH.com accompagne son texte de la vidéo des 10 plus beaux arrêts de la carrière de Carey Price — à voir ou à revoir avant la cérémonie de lundi :
Le prochain numéro retiré?
Pour Thibault, Price appartient à la même conversation que Jacques Plante, Ken Dryden et Patrick Roy. Il n’a jamais remporté la Coupe Stanley — la seule chose qui manque à son CV après avoir tout raflé sur la scène internationale —, mais avec une ligue à 32 équipes et une parité jamais vue, ce critère pèsera de moins en moins lourd dans l’évaluation des candidatures au Temple.
Et le chroniqueur conclut avec un plaidoyer : Plante, Dryden et Roy sont les trois seuls gardiens à avoir vu leur numéro retiré par les Canadiens. Avec son intronisation au Temple, Price mérite d’être le prochain.
🏒 CAREY PRICE EN CHIFFRES
361 victoires — un record d’équipe pour un gardien du Canadien
712 matchs, moyenne de 2,51, efficacité de ,917
44 victoires en 2014-15, sa saison des quatre trophées (Hart, Vézina, Ted-Lindsay, Jennings)
10 participations aux séries, finales d’association en 2014 et finale de la Coupe en 2021
5e choix au total du repêchage de 2005
Source : Jocelyn Thibault, LNH.com — Thibault : Price, le modèle du gardien moderne parfait (propos recueillis par Hugues Marcil).
