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Il sait de quoi il parle. Présent au Sportium de Sainte-Catherine pour le retrait de son chandail numéro 35 par les Riverains du Collège Charles-Lemoyne, au niveau M18 AAA, José Théodore a profité de sa propre soirée d’honneurs pour saluer celle qui s’en vient pour Carey Price : l’ancien gardien du Canadien de Montréal n’a aucun doute, la place du numéro 31 au Temple de la renommée du hockey est « complètement méritée ».
Les deux hommes ont ceci en commun : ils ont porté le poids du filet du Centre Bell. Mais un seul des deux y a passé toute sa carrière — et c’est d’abord ça que Théodore souligne.
Un diamant qu’il restait à polir
« C’est mérité parce que, premièrement, le fait qu’il ait joué toute sa carrière avec la même organisation – et on peut en nommer des grands comme Guy Lafleur, Patrick Roy, PK Subban – c’est rare », a reconnu Théodore, qui a lui-même aussi joué au Colorado, à Washington, au Minnesota et en Floride.
Théodore était encore membre du Canadien quand un jeune Price de 18 ans s’est pointé à son premier camp d’entraînement. Le talent sautait déjà aux yeux : « Je voyais qu’il avait vraiment un talent exceptionnel et qu’il était un peu comme un diamant qu’il ne restait qu’à polir un petit peu. Ce qu’il a accompli, c’est pleinement mérité, puis il a été un modèle pour plusieurs jeunes et c’est une bonne personne. »
Sur le débat du plus grand gardien de l’histoire du club, Théodore reste prudent, mais le classement est clair dans sa tête : « Je ne peux pas dire [qu’il est] le plus grand parce qu’on a eu Roy, on a eu Plante, on en a eu [des bons gardiens], mais il fait certainement partie du top-3 à 5 des meilleurs gardiens de l’organisation sans aucun doute. »
La longévité, avant tout
Ce qui impressionne le plus Théodore, c’est la durée. « Carey a fait des choses exceptionnelles pour le club et c’est la longévité qui m’impressionne le plus, parce que ce n’est pas facile jouer pour le même club pendant aussi longtemps, encore moins à Montréal. On sait qu’on est très émotif et ça change rapidement, mais le fait qu’il ait été capable de se démarquer soir après soir ça lui revient pleinement », a-t-il réitéré, lui qui avait rendu célèbre la tuque lors de la toute première Classique Héritage de l’histoire de la LNH, en 2003.

Price deviendra le neuvième gardien ayant porté le chandail de la Sainte-Flanelle à être intronisé au Temple, après Georges Vézina (1945), George Hainsworth (1961), Bill Durnan (1964), Jacques Plante (1978), Lorne « Gump » Worsley (1980), Ken Dryden (1983), Tony Esposito (1988) et Patrick Roy (2006). La cérémonie a lieu lundi à Toronto.
Son propre soir d’honneurs
La soirée était aussi celle de Théodore, aujourd’hui âgé de 50 ans, honoré par l’équipe avec laquelle il a joué une partie de son hockey mineur. Et l’honneur, même plus modeste que le Temple, lui a fait chaud au cœur : « Quand tu te fais appeler après ta carrière avec des honneurs ou quoique ce soit, ça fait quasiment plus plaisir parce que tu réalises que tu as accompli quelque chose. »
Entouré de ses anciens coéquipiers, de sa mère et de ses amis, il a aussi rencontré les jeunes Riverains dans le vestiaire : « Je leur ai fait un petit discours pour leur dire que le temps présent passe vite, appréciez-le. Je donnerais tout ce que j’ai pour retourner à 15 ans, pouvoir garder les buts et revivre le processus pour arriver dans la LNH. » Avant de conclure, nostalgique : « À chaque fois que tu vois les joueurs et que tu es dans l’entourage d’une chambre de hockey, c’est comme être à la maison, c’est comme si c’était hier. »
🏒 DEUX GARDIENS, DEUX SOIRÉES D’HONNEURS
José Théodore : chandail nº 35 retiré par les Riverains du Collège Charles-Lemoyne (M18 AAA), au Sportium de Sainte-Catherine
Carey Price : intronisation au Temple de la renommée du hockey, lundi à Toronto
9e gardien de l’histoire du Canadien admis au Temple, après Vézina, Hainsworth, Durnan, Plante, Worsley, Dryden, Esposito et Roy
18 ans : l’âge de Price à son premier camp, sous les yeux de Théodore
Source : RDS — Price au Temple de la renommée : « C’est complètement mérité » selon José Théodore (propos recueillis par Gabriel Bouchard). Photo d’affiche : RDS. Photo dans le texte : Sporting News / Getty.
