Canadiens · 7 novembre 2026 · par Daniel Bigras

« J’aimais les bleus » : Mike Weaver, de Superman à Clark Kent, la retraite racontée par un vrai guerrier

Mike Weaver dans le chandail blanc du Canadien, numéro 43

Il y a des joueurs dont on se souvient pour leurs buts. Mike Weaver, lui, a bâti sa réputation en se jetant devant des rondelles. Et à entendre l’ancien défenseur du Canadien dans la chronique Stu’s Slapshots de Stu Cowan (Montreal Gazette), ce sont précisément les bleus causés par les tirs bloqués qui lui manquent le plus.

Les bleus lui manquent, pas les tirs bloqués du match des anciens

Le 24 octobre, à Winnipeg, devant plus de 15 000 spectateurs, les anciens du Canadien ont battu ceux des Jets 7 à 4, dans le cadre du week-end de la Classique Héritage. Interrogé par les Canadiens sur ce qui lui manquait le plus, Weaver a répondu : les gars du vestiaire… et les ecchymoses. « J’aimais les bleus. Si je rentrais à la maison sans un bleu, j’avais l’impression de ne pas avoir assez travaillé », raconte-t-il à Cowan, joint par téléphone à son domicile de Toronto.

Ironie : lors du match des anciens, Weaver n’a bloqué aucun tir — il a joué à l’avant pendant tout le match, comme Mathieu Dandenault, et il en rit lui-même. Le rituel complet lui avait pourtant manqué : patinage du matin, repas d’avant-match, sieste, puis le match devant une foule à guichets fermés.

Mike Weaver en patins avec la rondelle, dans le chandail blanc du Canadien

De Superman à Clark Kent

Weaver décrit la retraite avec une image qui frappe : quand on joue, « on est comme Superman, puis on devient Clark Kent ». Tout le monde veut un morceau de vous pendant la carrière ; après, l’attention passe à quelqu’un d’autre. Cette transition vers la vie normale est l’une des choses les plus difficiles à vivre, dit-il, peu importe l’argent mis de côté.

Le paradoxe est brutal : on s’entraîne toute sa vie pour ce sport, et le sport continue sans vous parce que vous êtes devenu trop vieux pour y jouer — à l’âge où, pour la plupart des gens, la vraie carrière commence à peine. Weaver, défenseur de 5 pieds 10 pouces et 183 livres jamais repêché, a quand même joué 13 saisons dans la LNH, dont ses deux dernières à Montréal, en 2013-2014 et 2014-2015.

CoachThem : 10 000 abonnés, 19 équipes de la LNH

Formé à Michigan State en télécommunications, avec une mineure en réalité virtuelle, Weaver avait préparé sa deuxième vie depuis longtemps : école de hockey estivale Defence First tôt dans sa carrière, sites Web conçus en faisant du porte-à-porte dans les mineures… puis CoachThem, son logiciel de conception d’exercices pour entraîneurs, fondé avec l’ancien gardien Robb Tallas.

Aujourd’hui, CoachThem compte 10 000 abonnés, dont 19 équipes de la LNH et des programmes de la NCAA comme Harvard, Yale, Princeton, Notre Dame et North Dakota. Pas mal pour un gars à qui on répétait qu’il était trop petit.

🏒 MIKE WEAVER EN CHIFFRES
Gabarit : 5 pi 10 po, 183 lb — jamais repêché
Carrière : 13 saisons dans la LNH, dont 2013-2015 à Montréal
Numéro : 43, gardé toute sa carrière en souvenir de son premier camp
CoachThem : 10 000 abonnés, 19 équipes de la LNH

« Dream Weaver » et l’anecdote Bergevin

Son surnom, tiré de la chanson de Gary Wright, a vraiment pris à Montréal, où chaque entrevue commençait par « Dream Weaver ». Les partisans montréalais, dit-il, savaient ce qu’il faisait pour l’équipe — en séries, il levait les yeux vers les gradins et voyait « Dream » écrit sur des chandails. Être reconnu pour ce travail de l’ombre, il a trouvé ça phénoménal.

Reste l’anecdote savoureuse : quinze matchs après le début de la saison 2014-2015, le directeur général Marc Bergevin le convoque pour lui dire qu’il doit marquer des buts. La réponse de Weaver : c’est plutôt aux attaquants de profiter de ses tirs bloqués pour partir en échappée — en séries, il avait récolté neuf points, dont cinq à la suite d’un tir bloqué suivi d’une relance, comme celui qui avait lancé Dale Weise en échappée.

Weaver termine en saluant le travail de Martin St-Louis, qu’il compare à Jon Cooper : un entraîneur calme, respecté comme personne, que les joueurs suivent parce que la confiance est établie. Pour un ancien qui a connu Michel Therrien et bien d’autres bancs, l’éloge pèse lourd.

Source : Montreal Gazette — Stu’s Slapshots: Former Canadien Mike Weaver misses blocking shots as he adjusts to life after hockey, par Stu Cowan

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