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Quatre prolongations en huit matchs

Le Canadien a survécu à un autre match enlevant samedi, battant les Sabres de Buffalo 4-3 en prolongation grâce aux exploits de Cole Caufield. La victoire a porté la fiche de Montréal à 4-3-1, et avec neuf points en poche, le club se trouve bien au chaud dans la congestion de la division Atlantique. Il reste toutefois place à l’amélioration : le Canadien gagnerait à jouer enfin un match complet de 60 minutes, ce qu’il n’a pas encore fait en huit rencontres cette saison, souligne The Hockey Writers.
Selon le site Statmuse, Montréal a déjà disputé quatre matchs en prolongation en 2026-2027 avant les matchs du 18 octobre, au deuxième rang de la ligue derrière les Sharks de San Jose et leurs cinq matchs prolongés. Seulement quatre clubs ont joué au moins quatre fois au-delà du temps réglementaire, dont les Sabres, que le Canadien a affrontés deux fois déjà — et les deux fois, il a fallu une prolongation pour trancher.
Deux de ces quatre matchs se sont même rendus en tirs de barrage, dont celui contre les Red Wings de Detroit, conclu en sixième ronde par Zachary Bolduc. La seule défaite du Canadien après 60 minutes est survenue le 3 octobre à Pittsburgh, 6-5 contre les Penguins, un point arraché après une remontée d’un déficit de 5-1 en troisième période.
Plus de hockey, plus de fatigue et de risque de blessures
Ce qui fait de belles soirées de télévision ne sert pas toujours l’équipe à long terme. Plus on joue de hockey, plus le risque de blessure augmente, que ce soit par un contact avec un adversaire ou simplement par la fatigue — et la blessure ne survient pas toujours le soir même : elle peut arriver le lendemain matin à l’entraînement, ou le soir suivant, contre l’adversaire suivant.
Une séquence de la prolongation de samedi contre Buffalo illustre bien le problème. Après avoir gagné la mise au jeu, Montréal s’est transporté en zone offensive, puis Lane Hutson a gardé la rondelle derrière le filet des Sabres. En prolongation à trois contre trois, il n’avait que deux coéquipiers à qui passer la rondelle, Nick Suzuki et Cole Caufield, tous deux couverts : Hutson est resté là, en pleine posture d’attaque, à jongler avec la rondelle en attendant qu’une option s’ouvre, dans une séquence étrange qui a semblé durer une éternité.
Le défenseur mène d’ailleurs le club avec un temps de glace total de 211 min 46 s depuis le début de la saison. Quant à Suzuki, un véritable homme de fer qui a disputé les 82 matchs de son équipe lors de cinq saisons consécutives, de 2021-2022 à 2025-2026, son temps de glace moyen dépasse toujours les 20 minutes — il est même légèrement plus élevé cette saison, à 21 min 52 s après huit matchs, parce que le capitaine est indispensable en prolongation à trois contre trois. Personne ne conteste qu’Hutson et Suzuki doivent être sur la glace dans ces moments-là, mais si le Canadien se met à jouer comme des zombies dans un avenir rapproché, il y aura peut-être une explication rationnelle.
Les bienfaits d’une victoire confortable
Ce n’est pas très compliqué : écraser un rival 6-0, ou simplement gagner 4-2 ou 3-1 avec un effort relativement confortable, a ses avantages. On évite le stress de la prolongation et le travail supplémentaire pour les jambes, mais on envoie aussi un message : le club peut régler ses affaires efficacement et avoir clairement l’air de l’équipe supérieure, sans questions ni doutes, dans une atmosphère détendue et satisfaite au vestiaire.
Montréal n’y est pas encore parvenu. La remontée de 5-1 contre Pittsburgh était impressionnante, certes, mais pourquoi le Canadien se faisait-il malmener 5-1 au départ? À domicile contre les Sabres, à deux reprises, il a mené 3-1 avant de voir les visiteurs créer l’égalité en troisième période. Le match contre Detroit était plus particulier, avec deux buts refusés après révision — et même un troisième en prolongation. Le match d’ouverture à Toronto s’est resserré en dernière période sous la poussée des Maple Leafs, et le 14 octobre à Washington, le Canadien a mené 2-1 en première période après avoir marqué en premier — une autre chose qu’il n’a pas faite souvent cette saison — avant que les unités spéciales ne causent sa perte, autant en infériorité qu’en avantage numérique. Et tout ne peut pas être attribué à la liste des blessés.
Difficile, donc, de cerner l’identité de ce Canadien : des jeunes au cœur énorme qui ne paniquent jamais et n’abandonnent pas, ou une équipe si inconstante que les hauts et les bas se font sentir à l’intérieur même des matchs? Montréal a amplement le temps de trouver la réponse. En attendant, il y aura peut-être lieu de célébrer modestement sa première victoire par deux buts de la saison — et de garder une bouteille de mousseux prête s’il gagne un jour par trois buts ou plus.
Photo de la une : Eric Bolte-Imagn Images, via The Hockey Writers (Nick Suzuki et Lane Hutson).
Source : The Hockey Writers — Canadiens Need to Start Playing Full 60 Minutes

