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Le Canadien a beau n’avoir signé qu’une seule victoire en temps réglementaire en huit matchs depuis le début de la saison, Marc Antoine Godin voit la tendance de fond d’un œil plutôt encourageant. Dans son analyse publiée sur Radio-Canada Sports après la victoire de 4-3 en prolongation contre les Sabres de Buffalo, samedi, le journaliste souligne un renversement complet par rapport aux dernières années : le CH domine maintenant souvent le jeu à égalité numérique, mais il n’arrive pas à distancer ses adversaires.
Autrefois, c’était l’inverse : Montréal compensait un mauvais rendement à 5 contre 5 par son opportunisme, son avantage numérique et ses gardiens. Cette fois, la poigne est là à forces égales — c’est la finition qui fait défaut.
Des chiffres qui contredisent les résultats
Les données compilées par Natural Stat Trick donnent raison à Godin. À 5 contre 5, le Canadien figure parmi les 10 meilleurs clubs de la LNH pour les buts attendus, les chances de marquer dangereuses, les tentatives de tir et les lancers au but. Mieux encore : sur les cinq derniers matchs, soit depuis la correction subie aux mains des Hurricanes de la Caroline le 6 octobre, le Tricolore se classe dans le top 5 de la ligue dans chacune de ces catégories.
Le seul indicateur qui ne suit pas, c’est le ratio de buts marqués à 5 contre 5. Entre les occasions ratées et les erreurs coûteuses, le CH laisse des matchs à sa portée lui glisser entre les doigts — ou les gagne de justesse, comme cette victoire arrachée en prolongation sur une échappée de Cole Caufield.
Des bases plus solides
C’est là que Godin parle de bases plus solides. L’étanchéité défensive est de retour, le volume de lancers augmente et les attaques sont plus persistantes. Surtout, les trios de profondeur sont devenus plus fiables : l’unité de Zachary Bolduc, Phillip Danault et Alexandre Texier donne des minutes honnêtes soir après soir, ce qui change le portrait du bas de la formation. Nick Suzuki souligne d’ailleurs lui-même l’amélioration du bas de l’alignement.
Le premier trio envoie aussi des signaux encourageants. Caufield a inscrit deux buts contre Buffalo, dont celui de la victoire en prolongation — un autre épisode de « Mister Saturday Night ».
« On est meilleurs que ça »
Reste l’incapacité à porter le coup fatal. Samedi, le Canadien menait 3-1 avant de voir les Sabres créer l’égalité : une nonchalance de Lane Hutson en supériorité numérique a ouvert la porte au but égalisateur de Tage Thompson, le but de 3-3. Martin St-Louis a parlé de « petites erreurs mentales » et estimé que « ç’aurait dû être fini » avec une avance de deux buts.
L’avantage numérique, lui, ne produit pas à la hauteur des attentes. La première unité — où Bolduc, auteur du premier but du CH samedi, a pris une place importante — laisse St-Louis sur sa faim : « C’était correct, mais on est meilleurs que ça ». Montréal a en plus gaspillé une double supériorité numérique de 45 secondes et éteint deux de ses propres avantages numériques avec des punitions évitables.
La crème devrait remonter
St-Louis espère que le retour en forme de ses meilleurs attaquants, aidé par un avantage numérique plus efficace, fera basculer ces matchs serrés du bon côté. Caufield plaide dans le même sens : si le jeu de puissance se met à produire, les rondelles finiront par rentrer.
La conclusion de Godin tient en une image : le Canadien garde la tête hors de l’eau pendant que ce qui fonctionne aujourd’hui — le jeu à 5 contre 5 — était précisément son point faible par le passé. Quand la finition rejoindra les fondations, la crème devrait remonter.
Source : Radio-Canada Sports — l’analyse de Marc Antoine Godin

