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Il fallait voir à quel point Jacob Fowler semblait s’amuser comme un gamin pendant la séance d’échauffement, hochant de la tête au rythme de la musique durant la longue marche entre la glace et le vestiaire du stade des Blue Bombers de Winnipeg. Cette Classique Héritage, il l’avait imaginée longtemps dans sa tête.
Il n’a pas caché qu’il avait le cœur brisé lors de son renvoi à Laval, en pensant notamment à ce match qu’il n’aurait probablement pas l’occasion de vivre. Lors de l’entraînement de samedi, il portait fièrement une caméra sur le dessus de son casque, comme les gardiens qu’il a déjà admirés lors des matchs extérieurs. « Toutes ces vidéos que j’ai vues de gardiens qui sautaient sur la patinoire avec une caméra sur leur casque. De pouvoir faire la même chose, c’est tellement cool! De simplement vivre un moment dont j’ai rêvé toute ma vie », a-t-il dit après le match, aux côtés de Lane Hutson.
À 21 ans et 355 jours, le petit gars de la Floride est devenu le plus jeune gardien de l’histoire de la LNH à obtenir un départ dans un match extérieur — et le premier à célébrer la victoire au terme du spectacle.
Des arrêts qui émerveillent ses coéquipiers

Mark Scheifele va repenser longtemps aux buts qui lui ont été volés par le jeune gardien : son regard après le sublime arrêt de la mitaine de Fowler en fin de troisième période en disait long. Ses coéquipiers aussi ont eu le souffle coupé, eux qui constatent match après match à quel point il est en contrôle, autant de sa technique que de ses émotions.
Après le match, Cole Caufield est revenu sur un autre arrêt aux dépens de Scheifele, un peu avant le milieu de la troisième période, quand Fowler s’est déplacé de gauche à droite avec une fluidité et un calme désarmants. « Il est juste vraiment bon », a-t-il lancé au collègue Eric Engels, avant de répéter les mêmes mots : « il est juste vraiment bon ».
« On voit lors des entraînements à quel point il est calme et que son positionnement est à point. Sur ce tir sur réception de Scheifele, il était simplement là, il n’a jamais paniqué, nous avons été émerveillés par cet arrêt. Ça semble plutôt commun pour lui de faire ces arrêts d’un poteau à l’autre comme ça. Nous sommes très impressionnés par lui », a confié Caufield. Et ce genre d’arrêt, Fowler en a aussi servi un à Steven Stamkos contre les Predators, puis un autre deux jours plus tard face à Alex DeBrincat — des joueurs d’élite, pas de second ordre.
Troisième étoile de la semaine et cinq victoires de suite
Au lendemain de sa performance contre les Jets, Jacob Fowler a mérité le titre de 3e étoile de la semaine dans la LNH, avec deux victoires : celle de Winnipeg et celle signée deux jours plus tôt à Chicago. Le voilà maintenant avec cinq victoires de suite, une séquence amorcée par un jeu blanc contre les Red Wings et marquée par le vote de confiance de Martin St-Louis, qui lui a confié le filet pour un deuxième match de suite malgré un revers contre les Predators deux jours plus tôt.
Fraîchement rappelé, Fowler sentait pourtant qu’il avait manqué son coup contre les Preds : furieux en quittant la patinoire après le revers de 5-2 du 8 octobre, battu par des tirs habilement redirigés devant lui, il prenait une partie du blâme. Au lieu de se laisser abattre, il a démontré une force de caractère, un cran et une confiance — du swagger, pour reprendre le mot que son entraîneur-chef aime utiliser — que ses coéquipiers soulignent constamment : les mots « calme » et « confiant » reviennent sans cesse dans leur discours à propos du numéro 32.
L’écart se creuse avec Jakub Dobes
Dans ce contexte, les deux derniers matchs fort convaincants de Fowler ont continué de creuser l’écart avec Jakub Dobes. C’est vrai au chapitre des statistiques des deux gardiens, qui sont diamétralement opposées, mais aussi dans ce que les deux gardiens inspirent devant leur but présentement. Pendant que Dobes échappait un match contre les Sharks avec une bourde en prolongation, la porte s’est grande ouverte pour le jeune gardien, qui n’avait qu’à saisir les occasions pour s’imposer et forcer ses patrons à lui confier le filet.
On verra probablement Dobes devant le filet contre les Blues à Saint-Louis, puisque c’est la maison pour lui : c’est là qu’il s’est établi à l’âge de 16 ans. La saison est encore jeune, mais il aura fort à faire pour renverser la vapeur : il y a un an presque jour pour jour, il était nommé 3e étoile du mois d’octobre dans la LNH avec une fiche parfaite de six victoires, avant de vivre des hauts et des bas et de mener son club au troisième tour des séries. Comme quoi la saison est longue… mais le petit gars de la Floride est juste « vraiment bon ».
Source : RDS
