LAVAL — Un long numéro de rodage. C’est à cela qu’a ressemblé le premier match de la saison du Rocket de Laval, blanchi 2-0 par le Crunch de Syracuse à la Place Bell. Sans match préparatoire, avec huit nouveaux joueurs qui étrennaient leurs nouvelles couleurs et privé de deux morceaux importants restés avec le grand club, le club-école du Canadien a joué comme ce qu’il est : un assemblage en apprentissage.
Après avoir cadré seulement huit tirs au cours des 40 premières minutes, le Rocket a montré un regain de vie en troisième période. L’entraîneur-chef Daniel Jacob, qui dirigeait son premier match après une carrière de 15 ans comme adjoint, ne cherchait pas d’excuses mais constatait un écart de cohésion : du côté de Syracuse, 13 joueurs sur 18 avaient joué ensemble l’an dernier, contre seulement neuf à Laval. « J’aurais été vraiment fâché si ça avait été un manque d’effort, mais ce n’est pas le cas », a-t-il souligné, en notant que les choses ont commencé à se replacer au dernier vingt.
Si le Rocket est resté dans le coup aussi longtemps, c’est grâce à son gardien. Jacob Fowler, victime du ménage à trois que le directeur général Kent Hughes avait promis de casser chez le Canadien, a livré une performance de 29 arrêts, volant au moins une demi-douzaine de buts au Crunch. L’Américain a notamment éteint les feux sur des échappées de Jakob Pelletier et de Tristan Allard, en plus de se signaler sur les unités spéciales. Il n’a cédé une première fois qu’en début de match, surpris par l’apparition soudaine de Nick Abruzzese à la suite d’un vilain revirement d’Alex Belzile, puis une seconde fois au dernier tiers, encore par Abruzzese, alors que Laval se défendait à deux hommes en moins.
Le défenseur recrue Owen Protz n’a pas tari d’éloges envers son gardien : « C’est un gardien formidable. […] Mon rôle, c’est de jouer pour lui. Il a été incroyable et je sais que ce n’est que le début. »
David Reinbacher, lui, a passé le match sur la première paire défensive à la droite de Luke Mittelstadt, avec un temps de jeu estimé à près de 30 minutes et une utilisation intensive en désavantage numérique — un rôle qu’il avait occupé au camp du Canadien et auquel il est destiné dans la LNH. Le défenseur autrichien, qui n’avait pas caché son ambition de commencer la saison dans la Ligue nationale, aura besoin d’un certain temps pour digérer sa déception et s’ajuster au calibre de la Ligue américaine.
Le vétéran Laurent Dauphin, qui en est à sa douzième saison dans la Ligue américaine, prêche la patience : il s’agit d’un marathon et il faudra quelques matchs pour que la machine se mette en marche. Jacob, lui, se dit confiant de voir des signes d’amélioration dès le deuxième match, disputé samedi après-midi contre le Crunch, estimant qu’« il reste encore pas mal de corde » après seulement quatre jours d’entraînement avec l’équipe complète.
Source : RDS
