Hommages · 27 octobre 2026 · par Vincent Couture

André Lacroix (1945-2026), le meilleur pointeur de l’histoire de l’AMH

André Lacroix, meilleur pointeur de l'histoire de l'AMH

🕯️ Le monde du hockey québécois est en deuil. André Lacroix, le joueur de centre de Lauzon devenu le meilleur pointeur de l’histoire de l’Association mondiale de hockey, s’est éteint aujourd’hui à l’âge de 81 ans.

Le reportage de Stéphane Turcot sur la carrière d’André Lacroix

🏒 Le roi des pointeurs du « circuit maudit »

En sept saisons dans l’Association mondiale de hockey (AMH), avec six équipes — Blazers de Philadelphie, Golden Blades de New York, Knights du New Jersey, Mariners de San Diego, Aeros de Houston et Whalers de la Nouvelle-Angleterre —, André Lacroix a amassé 798 points en 551 matchs.

Personne n’a fait mieux dans l’histoire de ce circuit. Et personne ne le battra jamais : comme il aimait le rappeler en riant, la ligue n’existe plus.

Son exploit le plus cher : les 106 mentions d’aide récoltées en 78 matchs avec San Diego en 1974-1975.

« Dans l’histoire du hockey, avait-il rappelé au 50e anniversaire de l’AMH, en 2022, seuls quatre joueurs ont obtenu 100 passes en une saison : Wayne Gretzky, Bobby Orr, Mario Lemieux et moi. » Connor McDavid et Nikita Kucherov ont depuis rejoint ce club très fermé.

🏒 LACROIX EN CHIFFRES
798 points en 551 matchs dans l’AMH — le record de l’histoire
106 passes en une saison (1974-1975, San Diego)
198 points en 325 matchs dans la LNH
Équipe Canada à la série AMH-URSS de 1974
Athlète francophone de l’année au Canada en 1975

Avant l’AMH, Lacroix avait fait ses débuts dans la Ligue nationale avec les Flyers de Philadelphie, dont il a été le meilleur pointeur à ses deux premières saisons complètes. Il a aussi porté les couleurs des Black Hawks de Chicago et des Whalers de Hartford.

En 1974, il a représenté le Canada lors de la série opposant les étoiles de l’AMH à l’Union soviétique.

Lacroix a été l’un des joueurs les mieux payés de son époque. Le propriétaire des Mariners de San Diego, Ray Kroc, le fondateur de McDonald’s, lui avait consenti un contrat de 150 000 $ par année pendant six ans — une fortune pour le temps.

Les Nordiques de Québec ont bien tenté de le rapatrier. Marcel Aubut était venu le chercher lui-même à l’aéroport pour négocier. Mais Québec refusait de payer ce qu’il gagnait ailleurs.

Il n’aura donc jamais joué ni pour les Nordiques ni pour le Canadien. C’est peut-être ce qui explique pourquoi, malgré ses records, les portes du Temple de la renommée du hockey ne se sont jamais ouvertes devant lui. Il est considéré comme l’un des joueurs les plus sous-estimés de l’histoire.

En 1975, il avait pourtant été nommé athlète francophone par excellence au Canada, devançant Guy Lafleur, Marcel Dionne et Gilbert Perreault. Tout ça du haut de ses 5 pieds 8 pouces et 175 livres, avec une vision du jeu que ses adversaires décrivent encore avec admiration.

🏒 Le gars de Lauzon

Le jeune André Lacroix, capitaine de l'équipe midget de Bienville

André Lacroix est né le 5 juin 1945 à Lauzon, aujourd’hui un secteur de Lévis, au sein d’une famille de 14 enfants.

C’est avec l’équipe midget de Bienville, dont il était le capitaine, qu’il a remporté trois championnats provinciaux sous les ordres de l’entraîneur Robert Guay.

Devenu maire de Lauzon par la suite, Guay a fait renommer l’aréna de la municipalité en son honneur : l’aréna André-Lacroix, dont les rénovations ont été inaugurées en septembre dernier.

André Lacroix honoré au Gala de l'athlète en 2019
André Lacroix, honoré pour l’ensemble de son œuvre au Gala de l’athlète de 2019

En 2019, le Gala de l’athlète l’avait honoré pour l’ensemble de son œuvre. Fier de ses racines, il le répétait souvent : il était très fier d’être venu au monde à Lauzon.

🏒 L’homme derrière les chiffres

Avant la gloire, il y a eu le parcours : les Citadelles de Québec en 1962-1963, les Petes de Peterborough dans le junior, puis deux saisons avec les As de Québec, dans la Ligue américaine, avant le saut chez les Flyers.

Et quand le « circuit rebelle » est né, il n’a pas hésité longtemps. Malheureux dans l’organisation des Black Hawks, Lacroix a sauté sur l’offre des Blazers de Philadelphie : le double du salaire qu’il touchait à Chicago, et un contrat de cinq ans.

Il a terminé sa carrière avec les Whalers de Hartford en 1979-1980, aux côtés d’une légende : Gordie Howe. Il s’est ensuite installé pour de bon dans la région de Cleveland, en Ohio.

« J’ai toujours cru que la seule raison qui explique que les Marc Tardif, Jean-Claude Tremblay et moi ne sommes pas au Temple, c’est parce qu’on a joué dans l’AMH. »

André Lacroix, en entrevue au Journal

L’aréna qui porte son nom à Lauzon a été rénové au coût de 3,6 millions $. Lors du dévoilement des travaux, en septembre dernier, son frère Jacques s’en réjouissait : « Maintenant, il y a des photos et les jeunes qui viennent peuvent se dire qu’ils savent c’est qui, André Lacroix. »

Pour Vincent Couture, cofondateur de Tricolore et historien du hockey, André Lacroix n’était pas seulement un grand joueur : c’était un ami de très longue date. La mère de Vincent était une amie d’enfance d’André Lacroix, et Vincent le connaissait depuis l’âge de 5 ou 6 ans.

Tricolore offre ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches. Repose en paix, André.

Sources : Stéphane Turcot (Facebook) et TVA Sports

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