Martin St-Louis

Martin St-Louis ne finira pas la saison

Mardi soir, contre les Sharks de San Jose, le Canadien menait 3-1 après 40 minutes. Il a perdu 4-3 en prolongation. Ce n’est pas un accident de parcours : c’est le résumé de son début de saison.

Après neuf matchs, la fiche est de 4 victoires, 3 défaites et 2 défaites en prolongation, avec un différentiel de -4. Le club prend des avances, puis il les laisse filer. Et j’ai l’impression que Martin St-Louis ne finira pas la saison.

Des avances qui fondent

On dira que les blessés expliquent bien des choses. Ivan Demidov et Florian Xhekaj sont sur la touche, et ce n’est pas rien. Mais le problème va plus loin : même avec ses blessés, ce club est capable de prendre des avances. C’est de les garder qu’il n’est pas capable.

Et ne comptez pas sur les retours pour tout régler. Vous allez voir que ça va continuer à leur retour. D’autres blessures vont arriver — elles arrivent toujours — et l’effectif n’a aucune profondeur pour les absorber.

Kent Hughes n’a pas bougé

Tant que Kent Hughes ne bougera pas, la sauce va continuer de s’étirer. Cet été, le directeur général est allé chercher Chris Kreider — et c’est à peu près tout. Pour le reste, les chiffres parlent : Jake Evans n’a toujours aucun point après neuf matchs, Kirby Dach en a un seul, et Kreider comme Alex Newhook en ont quatre chacun. Quand le premier trio ne produit pas, il n’y a personne derrière.

Trois gardiens, aucune marge d’erreur

Devant le filet, l’équilibre est tout aussi fragile. Jakub Dobes présente un taux d’efficacité de ,847 en cinq départs. Jacob Fowler fait mieux — trois victoires et un taux de ,900 en quatre départs — mais il demeure un gardien recrue. Et Samuel Montembeault n’a pas encore disputé une seule minute cette saison.

Hughes fera quoi si Samuel cale encore à son retour, et que les prolongations avec défaite continuent de s’accumuler? Si un des deux Jacob se blesse, le Canadien va être dans la schnoutte.

Attendre jusqu’au 15 novembre

Patrick RoyMartin St-Louis a beau être bien fin — tout le monde l’aime, et ce n’est pas le point — attendez de voir où ce club sera rendu le 15 novembre. Si la tendance se maintient, la direction devra trancher, même si congédier un entraîneur sous contrat veut dire en payer deux pendant des années.

Je vois la même affaire que l’an passé. Tout le monde s’excite pour Cole Caufield, Lane Hutson et les autres, mais même en ajoutant Lalonde derrière le banc, c’est pareil. Hier, Martin avait l’air de ne pas réaliser la défaite — comme si ce n’était pas grave, à répéter qu’il faut travailler — mais on dirait qu’il n’a pas de solution.

C’est comme l’avant-dernière année de Jacques Demers. C’était l’année du lock-out : tout le monde voulait échanger Patrick, et l’attaque était toute croche. Puis, à la saison suivante, après quatre matchs et quatre défaites, Demers était congédié. L’histoire a de ces coïncidences : c’est un 21 octobre, en 1995, que le Canadien annonçait l’arrivée de Mario Tremblay derrière le banc, quatre jours après le congédiement de Demers et de Serge Savard — les éphémérides du jour le rappellent. Et l’ironie est complète : à l’époque, on voulait se débarrasser de Patrick Roy ; aujourd’hui, c’est lui qui pourrait revenir.

Et quand ce moment viendra, un nom va circuler tout seul. Patrick Roy est libre depuis son congédiement par les Islanders, en avril dernier. Je serais pas surpris de voir arriver Patrick.

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