Canadiens · 6 novembre 2026 · par Daniel Bigras

Caufield tranche encore en prolongation, mais Dobes et l’avantage numérique inquiètent, selon Brian Wilde de Global News

Le retour de Nick Suzuki devait stabiliser une structure défensive qui faiblissait sans lui : mission accomplie, du moins pour un soir. Le capitaine a récolté trois points dans la victoire de 5-4 en prolongation du Canadien contre le Mammoth de l’Utah, jeudi, au Centre Bell. Mais dans sa chronique « Call of the Wilde » sur Global News, Brian Wilde refuse de ne voir que le résultat : derrière le gain, il pointe un avantage numérique à la traîne, un gardien qui cherche son jeu et des chiffres avancés qui racontent une équipe moins dominante qu’elle ne l’était il y a deux semaines.

Ce qui a fonctionné

Adam Engstrom avec la rondelle dans l'uniforme des CanadiensAprès un début de match sonné, Montréal s’est réveillé. Suzuki a marqué le premier but des siens, trouvé seul par Juraj Slafkovsky, et le premier trio a ensuite dominé avec une part de Corsi de 67 %. Slafkovsky, méconnaissable mardi — peut-être son pire match depuis sa saison recrue, écrit Wilde — a répondu par son meilleur match de la saison, constamment près de la rondelle.

Arber Xhekaj a marqué d’un tir puissant dans le haut du filet, derrière un écran parfait d’Oliver Kapanen, avant de livrer un combat animé à Liam O’Brien qui a changé l’allure du match. En troisième période, Kirby Dach a enfin inscrit son premier but de la saison, en travaillant fort devant le filet en avantage numérique, puis a refait le même travail d’écran sur le but égalisateur d’Adam Engstrom — le premier but en carrière dans la LNH du défenseur, à cinq minutes de la fin.

Et en prolongation, Cole Caufield a fait ce qu’il fait toujours : son 15e but en prolongation en carrière, sur un deux-contre-un alimenté par Lane Hutson après une récupération de Suzuki, conclu d’un tir parfait dans le coin supérieur. Wilde note aussi que tenir le Mammoth — l’une des meilleures attaques de la ligue — à 16 tirs à mi-chemin de la troisième période témoigne d’un resserrement défensif réel, même si les quatre buts accordés ne le laissent pas deviner.

L’avantage numérique, le chantier

Le point noir le plus criant, selon Wilde : l’avantage numérique du Canadien pointe au 30e rang de la ligue. Les absences de Suzuki et d’Ivan Demidov ont réduit la créativité, admet-il, mais le problème est aussi simple que gênant : personne ne se plante devant le filet. Il propose de faire circuler la rondelle à quatre joueurs pendant qu’un cinquième reste immobile devant le gardien — quitte à attirer un défenseur avec lui et transformer le jeu en quatre-contre-trois.

Son exemple est cinglant : un tir de Zachary Bolduc de 25 pieds, en avantage numérique, facilement arrêté par Sebastian Cossa, qui voyait venir la rondelle de loin. Un tir comme celui-là ne pouvait pas entrer. Avec un écran, une déviation ou un retour chaotique, plaide Wilde, le même tir devient dangereux. Pour un club avec autant de talent, conclut-il, le 30e rang est indéfendable.

Dobes et les chiffres qui piquent

Jakub Dobes n’est toujours pas à son meilleur cette saison : le Mammoth n’avait que 16 tirs au moment de marquer son quatrième but, et le gardien pointe au 65e rang sur 74 pour le pourcentage d’arrêts, selon les chiffres cités par Wilde. Dans une ligue où la parité est totale, survivre avec un gardien faible est impossible à long terme — jeudi, la domination territoriale du Canadien a masqué le problème.

Le chroniqueur rappelle aussi le contexte : contre Winnipeg, le Canadien a été dominé 47-22 aux tirs et les buts attendus étaient de 4,99 contre 3,25 — même le point de la défaite en prolongation était un cadeau, et Jacob Fowler, deuxième de la ligue pour les buts sauvés au-dessus des attentes, masque beaucoup de failles récentes. Le Corsi montréalais est passé de 56 % (4e rang) à 52 % (8e rang) en très peu de temps, et les buts attendus, du 5e au 12e rang. Avant jeudi, le Canadien n’avait remporté qu’une seule bataille des buts attendus en cinq matchs.

D’où l’importance du capitaine : selon Wilde, si Suzuki avait été là pour fermer le match contre les Jets, il n’y a aucune chance que le Canadien accorde quatre buts dans les quatre dernières minutes. Le vrai test, propose-t-il, sera de revoir ces mêmes chiffres dans deux semaines, avec Suzuki de retour pour de bon. La première soirée donne déjà un indice : à cinq contre cinq, Montréal a été nettement plus fort.

🏒 LE MATCH VU PAR WILDE, EN CHIFFRES
• Premier trio : 67 % de part de Corsi contre le Mammoth
• Avantage numérique du Canadien : 30e rang de la LNH
• Jakub Dobes : 65e sur 74 gardiens pour le pourcentage d’arrêts
• Cole Caufield : 15e but en prolongation en carrière
• Canadien : Corsi passé de 56 % (4e) à 52 % (8e) en quelques matchs

Source : Brian Wilde, Global News — « Call of the Wilde »

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