Deux jours après l’une des défaites les plus gênantes de l’histoire de la LNH — une avance de quatre buts gaspillée contre les Jets de Winnipeg —, le Canadien devait se relancer contre à peu près le pire adversaire possible pour une équipe chancelante. Le Mammoth de l’Utah d’André Tourigny génère de l’attaque comme presque personne dans la ligue : plus de dix chances de marquer en moyenne par match avant d’arriver au Centre Bell, et un jeu de puissance qui roulait à 36,4 % de réussite. Dans sa chronique sur RDS, Nicolas Landry raconte comment le Tricolore a survécu à cette tempête pour l’emporter 5-4 en prolongation — et pourquoi cette victoire repose sur une grande réponse, puis sur plusieurs petites.
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Un départ qui sentait le déjà-vu
Après dix minutes, le scénario de mardi semblait vouloir se répéter : le Canadien était déjà dans le pétrin. Contre les Jets, l’adversité avait frappé trop vite et trop tard pour réagir. Cette fois, souligne Landry, elle a frappé tôt — et il restait amplement de temps pour riposter. L’occasion était parfaite pour découvrir ce que ce groupe avait dans le ventre.
La réponse n’a pas été parfaite, loin de là, mais elle a été réelle : le Canadien a comblé un retard de deux buts sans traîner, puis est revenu de l’arrière deux autres fois avant de trancher en prolongation, avec une confiance qu’on avait toutes les raisons de croire fragile.
La grande réponse : le capitaine
La remontée porte d’abord un nom : Nick Suzuki. Remis d’une blessure à une main qui lui avait fait rater six matchs, le capitaine a été impérial à son retour. Il a lui-même marqué le premier but des siens et terminé la soirée avec trois points, en plus de gagner 55 % de ses mises en jeu.
Surtout, Suzuki a passé la soirée à mettre ses coéquipiers en position de faire la différence : l’échappée de Lane Hutson en première période, la longue chevauchée menant à une chance de Noah Dobson en deuxième, la mise en jeu en zone offensive à l’origine du tir sur le poteau de Juraj Slafkovsky, et sa contribution directe au but de Kirby Dach.
Landry insiste sur l’effet Suzuki sur Slafkovsky, « un peu perdu » dernièrement et relancé par le retour de son centre. Martin St-Louis a jugé qu’il s’agissait « probablement du meilleur match de la saison de Slaf ». Slafkovsky devra un jour apprendre à marcher seul, admet le chroniqueur — mais en attendant, on comprend pourquoi le capitaine est si précieux.
Les petites réponses : Xhekaj et Dach
Il y a ensuite le culot d’Arber Xhekaj. Après la catastrophe de Winnipeg, plusieurs avaient identifié son combat contre Tyrel Bauer comme le point tournant du match. Dans le vestiaire, le défenseur a démonté cette lecture en pesant ses mots : Montréal menait 4-0, il restait dix minutes, Bauer l’avait harcelé toute la partie — le combat n’a rien changé au résultat. Landry se dit d’accord avec lui.
Et il fallait du front pour y retourner : quatre secondes après avoir lui-même créé l’égalité 2-2 d’un puissant tir frappé, Xhekaj a jeté les gants contre Liam O’Brien. Un match bien rempli, un pied de nez à ses détracteurs, et une saison plutôt solide, à bas bruit, dans son rôle.
Mention honorable, enfin, à Kirby Dach. Après une semaine à regarder Owen Beck et Florian Xhekaj briller sur le quatrième trio, le jeune vétéran a démontré qu’il ne se laisserait pas tasser sans se battre pour son poste. La chimie avec Alex Newhook et Oliver Kapanen a mis du temps à prendre, mais le crescendo était visible à mesure que le match avançait — encourageant pour un joueur qui disputait son meilleur hockey de la saison avant de tomber malade.
Ce qui continue de faire mal
Tout n’est pas réglé pour autant, prévient Landry. Le Canadien a accordé cinq jeux de puissance au Mammoth et concédé trois buts à court d’un homme. Défensivement, il a accordé quatre buts en temps réglementaire pour un troisième match de suite, après en avoir encaissé quatre au total lors d’un voyage de quatre matchs. Ces problèmes devront être décortiqués et corrigés — mais jeudi soir, c’est la résilience qu’il fallait saluer d’abord.
• Nick Suzuki : 1 but, 2 passes, 55 % aux mises en jeu, à son retour après 6 matchs d’absence
• Mammoth : jeu de puissance à 36,4 % avant le match, plus de 10 chances de marquer par match
• Arber Xhekaj : 1 but (le tir le plus puissant de la saison dans la LNH) et 1 combat dans la même séquence
• Canadien : 3 retours de l’arrière dans le match, victoire 5-4 en prolongation
Source : Nicolas Landry, RDS — « Une grande et de petites réponses »
