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Dès la première période, Nick Suzuki voit arriver un adversaire dans son angle mort, à sa gauche. L’adversaire, c’est MacKenzie Weegar, un défenseur peu reconnu pour ses bonnes manières. Le capitaine pousse quand même la rondelle vers Lane Hutson, qui file seul vers Sebastian Cossa. Hutson ne marque pas, mais l’essentiel est ailleurs : ce jeu de Suzuki est présenté comme représentatif de son style et de l’expression « payer le prix », dans le récit de Richard Labbé de La Presse.
Suzuki a conclu sa soirée avec un but et deux aides, menant le Canadien à une victoire de 5-4 en prolongation contre le Mammoth de l’Utah, jeudi au Centre Bell.
Le retour qui tombe à point

Les visiteurs sont arrivés déchaînés et ont rapidement pris une avance de 2-0, pendant que Jakub Dobes multipliait les étirements et les acrobaties dignes des années 1980. Suzuki a ensuite pris les choses en main en marquant son sixième but de la saison sur une passe de Juraj Slafkovsky, qui commençait à avoir des choses à se faire pardonner.
Le retour du capitaine ne pouvait mieux tomber. Martin St-Louis admet que le début de match le rend précieux : Suzuki est l’un des premiers à calmer le groupe, et il ne fait pas que le calmer, il essaie de le prendre en charge après deux buts rapides encaissés. Le premier centre assure pour sa part que sa blessure à une main est déjà derrière lui : il ne l’a pas sentie comme un problème, s’est bien senti pendant tout le match et qualifie la soirée d’énorme, surtout après ce qui est arrivé mardi contre les Jets de Winnipeg. Pendant son absence, il s’était tenu prêt psychologiquement, en s’imaginant sur la glace à certains endroits. « Cette pause de deux semaines m’aura fait du bien », a-t-il résumé.
À sa gauche, Slafkovsky avait l’air un peu soulagé : un autre match avec des hauts et des bas, mais une passe sur le but de Suzuki et quatre tirs au but. Il admet ne pas avoir joué son meilleur hockey jusqu’ici, mais dit avoir aimé ce match de sa part et devoir continuer ainsi.
Dach : « C’est immense de le revoir »
Kirby Dach, auteur de son premier but de la saison, a souligné le retour du capitaine : « C’est immense de le revoir avec nous, il est notre leader. » Il le décrit comme très volubile, contrôlant la température du groupe dans le vestiaire et sur le banc, effectuant de gros jeux et saisissant bien les enjeux — très dur de se passer d’un tel joueur, même si l’équipe a gagné des matchs pendant sa blessure.
Dach revenait lui aussi au jeu, après deux matchs d’absence en raison d’une maladie. Les retours de Suzuki et Dach ont forcé St-Louis à rayer Owen Beck et Florian Xhekaj de la formation. L’entraîneur sait qu’il ne frappera pas pour 1000 avec ses décisions : Beck et Florian ne méritaient pas de sortir, mais Dach ne méritait pas de ne pas revenir. Il souligne la profondeur d’un groupe — pour la plupart celui qui a amené l’équipe en finale d’association, avec une fiche de 9-3-3 avant ce match — qui cogne à la porte et garde tout le monde au garde-à-vous. Dach joue d’ailleurs comme un joueur conscient que la glace est mince sous ses pieds : un but, une passe, une présence devant Cossa sur le but d’Adam Engstrom, et quatre points à ses cinq dernières sorties.
• En hausse : Nick Suzuki — un match de trois points à son retour au jeu, c’est dur à battre
• En baisse : Jakub Dobes — quatre buts accordés sur seulement 20 tirs
• Le chiffre : 15 — les buts en prolongation de Cole Caufield, atteint en 384 matchs, un record de rapidité depuis le format à trois contre trois
• 228 matchs : ce qu’il a fallu à Logan Cooley pour cinq tours du chapeau, deux de moins qu’Alex Ovechkin
Le troisième duo se reprend
Arber Xhekaj et Adam Engstrom, le troisième duo du Canadien, ont connu une soirée mouvementée. Dès sa première présence, Engstrom a été doublé par la vitesse de Logan Cooley — et c’était 1-0 pour Utah. Le Suédois s’est repris en marquant son tout premier but dans la LNH pour créer l’égalité en fin de troisième période. « J’aurais pu briser la baie vitrée ! » a-t-il lancé au sujet de sa célébration, reconnaissant que ce n’était pas le meilleur départ et qu’il avait fait une mauvaise lecture, mais qu’Arber et lui ont retrouvé leurs moyens — le but de Xhekaj lui a même donné encore plus faim.
Xhekaj a marqué sur un tir à 97,2 milles à l’heure, le plus puissant d’un joueur du Canadien cette saison et le plus puissant à avoir déjoué un gardien dans la LNH cette saison. Quatre secondes après son but, il a livré un furieux combat à Liam O’Brien — et il a trouvé « pas mal cool » d’entendre l’annonce de son but en arrivant dans le vestiaire.
Le tour du chapeau oublié
Logan Cooley semblait parti pour être le héros de la soirée avant que son équipe ne bousille ses avances. L’Américain a inscrit trois buts, un tour du chapeau complété dès le milieu de la deuxième période, ses deux premiers filets devant beaucoup à sa vitesse supérieure à la moyenne. Quand Cooley utilise sa vitesse en entrée de zone, il est très dominant, a commenté André Tourigny après la défaite. Troisième choix au total en 2022, deux rangs derrière Slafkovsky, Cooley devient le joueur actif le plus rapide à inscrire cinq tours du chapeau dans la LNH : 228 matchs, soit deux de moins qu’Alex Ovechkin.
Excellente soirée de jeudi pour le Canadien, donc, couronnée par le but gagnant de Cole Caufield en prolongation, après un mardi beaucoup moins excellent. St-Louis dit avoir aimé la réponse de ses joueurs après la déception — ajoutant que les choses n’arrivent parfois pas par hasard et qu’on ne sait pas si l’équipe aurait connu un aussi bon match sans cette déception de mardi.
Source : « Un retour salutaire », par Richard Labbé, La Presse. Photos de l’article original : Charles William Pelletier, La Presse.
