Canadiens · 28 octobre 2026 · par Daniel Bigras

Jacob Fowler : le prochain Carey Price… ou le prochain Dustin Wolf?

Jacob Fowler, gardien des Canadiens, en plein arrêt devant son filet

Pat Burns répétait souvent qu’un gardien devait « voler » entre huit et dix matchs par saison à son équipe. Avec des hommes comme Patrick Roy ou Martin Brodeur devant le filet, cela représentait de 16 à 20 précieux points au classement.

Or, Jacob Fowler vient tout juste de signer deux performances de ce type coup sur coup. Les partisans du Canadien ont de quoi s’emballer, mais un peu de prudence ne fera pas de tort, prévient TVA Sports dans une chronique consacrée au jeune gardien.

Deux matchs « volés » coup sur coup

En pleine absence du capitaine Nick Suzuki, alors que les attentes étaient revues à la baisse, le jeune gardien a offert quatre points importants au Tricolore. Quand une équipe gagne en ne marquant que deux buts, les projecteurs se tournent inévitablement vers celui qui porte les grosses jambières.

Cela n’enlève rien à l’excellence de ses récentes performances. Grâce à son deuxième jeu blanc de la saison, obtenu à St. Louis, qui représentait également une sixième victoire consécutive, Fowler s’est imposé dans la conversation entourant le trophée Calder. Sa moyenne de buts alloués de 1,54 et son taux d’efficacité de ,942 le placent au sommet des recrues de la LNH.

Attention toutefois à ne pas s’emballer trop rapidement. Personne ne devrait déjà couronner Fowler comme le nouveau Patrick Roy ni expédier Carey Price aux oubliettes. Les comparaisons précoces ont souvent mal vieilli.

🏒 JACOB FOWLER EN CHIFFRES

  • 1,54 de moyenne et ,942 d’efficacité cette saison
  • 6 victoires de suite et un 2e jeu blanc, réussi à St. Louis
  • Dustin Wolf en 2024-25 : 2,64 et ,910 en 53 départs à Calgary
  • Wolf cette saison : 4,85 et ,834, une seule victoire en cinq départs

Le précédent Dustin Wolf

Dustin Wolf, gardien des Flames de Calgary, devant son filet

C’est ici que l’histoire devient intéressante. Il y a exactement deux ans, à Calgary, le discours entourant Dustin Wolf ressemblait étrangement à celui qu’on entend aujourd’hui à propos de Fowler. Wolf semblait alors arrêter tout ce qui bougeait et les Flames remportaient plusieurs matchs grâce à ses prouesses.

À la fin de la saison, il présentait tout de même une moyenne de 2,64 et un pourcentage d’arrêts de ,910 après 53 départs. Malgré cette excellente campagne, deux futurs joueurs de concession, Macklin Celebrini et Lane Hutson, l’ont largement devancé dans la course au trophée Calder. Wolf demeurait néanmoins le présent et l’avenir des Flames.

Deux ans plus tard, sa situation est bien différente. Il a perdu son poste de gardien numéro un, n’a remporté qu’un seul de ses cinq départs et affiche une moyenne de 4,85 ainsi qu’un taux d’efficacité de ,834.

Le parallèle entre Wolf et Fowler est particulièrement frappant en raison de leur gabarit. Tous deux dérogent aux critères physiques généralement recherchés chez les gardiens de la LNH moderne.

Une ligue de plus en plus dure pour les gardiens

La réalité est que la LNH moderne a été bâtie pour favoriser l’attaque. Depuis des années, les ajustements réglementaires ont graduellement réduit l’influence des gardiens de but. Dans ce contexte, il devient de plus en plus difficile pour un cerbère de suivre les traces des Roy, Brodeur, Fleury ou Hasek.

À l’œil, Fowler semble meilleur que Wolf au même stade de son développement. Mais avant de l’installer dans la même catégorie que Carey Price ou Patrick Roy, peut-être serait-il sage de se garder une petite gêne.

Disons simplement que son numéro 32 se situe quelque part entre le 31 de Price et le 33 de Patrick Roy. Si sa carrière lui permet finalement de se rapprocher de ces références, le Canadien aura trouvé un gardien capable de ramener une coupe Stanley à Montréal.

Et Dobes dans tout ça?

Il ne faut pas oublier qu’il y a à peine un mois et demi, plusieurs observateurs estimaient que Fowler deviendrait excédentaire en raison de la présence du supposé gardien d’avenir, Jakub Dobes. En seulement sept départs, l’Américain a complètement changé la dynamique devant le filet montréalais.

Cette montée fulgurante entraîne maintenant une réflexion importante pour l’organisation. Le Canadien doit-il conserver le vétéran Samuel Montembeault aux côtés de Fowler et utiliser Dobes comme pièce maîtresse dans une transaction d’envergure?

Sur le simple plan de la gestion salariale, la logique semble actuellement favoriser une prolongation de contrat pour Montembeault et un tandem Fowler-Montembeault pour les prochaines saisons.

Source : TVA Sports — « Jacob Fowler: le prochain Carey Price… ou le prochain Dustin Wolf? »

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