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Sans Nick Suzuki ni Ivan Demidov, deux attaquants de ses deux premiers trios, le Canadien apprend à gagner autrement. Mardi soir à St. Louis, il a gagné grâce à Jacob Fowler : un jeu blanc de 46 arrêts et une victoire de 2-0 contre les Blues, une troisième de suite.
Dans sa chronique Call of the Wilde sur Global News, le journaliste montréalais Brian Wilde revient sur cette soirée — et sur ce qui cloche encore chez le Canadien.
Le choix évident devant le filet

C’était un troisième départ de suite pour Fowler, et Wilde ne blâme pas du tout Martin St-Louis de répéter ce choix. Avant le match, le jeune gardien occupait le quatrième rang de la LNH pour les buts sauvés au-delà des attentes — la statistique qui mesure combien de buts un gardien empêche par rapport à un gardien moyen devant les mêmes tirs.
À l’autre bout du spectre, Jakub Dobes pointait au 68e rang sur 70 gardiens au même chapitre. Dobes aura sa chance de se replacer, écrit Wilde, mais pour l’instant, le Canadien a besoin de victoires — et avec ses blessures en attaque, il doit être à son meilleur en défensive. Fowler est le choix qui lui donne la meilleure chance.
Le gardien venait d’être nommé troisième étoile de la semaine dans la LNH, lundi, après sa performance magistrale à Winnipeg. Mardi, il a été encore meilleur.
🏒 JACOB FOWLER EN CHIFFRES
- 46 arrêts pour le jeu blanc à St. Louis, un sommet personnel
- 3,8 but sauvé au-delà des attentes dans ce seul match, selon Brian Wilde
- 9,9 au cumulatif cette saison : le 1er rang de la LNH, devant Jake Oettinger (9,4)
- Efficacité de 0,942 cette saison
- 20 premiers tirs arrêtés dès la mi-match, pendant que les Blues dominaient
Une technique qui fait paraître l’impossible facile
Le secret de Fowler, selon Wilde, c’est sa technique — la pierre angulaire de son succès. Sur une séquence, un retour est arrivé tellement vite, et d’un angle tellement différent du premier tir, que le but semblait assuré. Fowler était parfaitement en position, bien droit, et l’arrêt difficile a eu l’air facile.
En troisième période, une mêlée a produit quatre tirs en quelques secondes. La rondelle est allée à gauche, elle est allée à droite, elle revenait sans cesse sur les bâtons des Blues. Chaque fois, Fowler était en position pour arrêter le tir suivant.
Bolduc et un premier but pour Florian Xhekaj
Zachary Bolduc a ouvert la marque d’un tir dans la partie supérieure contre son ancienne organisation, son cinquième but de la saison.
Mais c’est le deuxième but qui a excité les joueurs du Canadien. Florian Xhekaj faisait exactement ce que le match demande de lui : immuable devant le filet, il s’est placé devant son défenseur pour la déviation — et il a fait dévier le tir de Mike Matheson pour son premier but dans la LNH.
Le point faible : l’avantage numérique
La section des reproches de Wilde vise l’avantage numérique, amputé de Suzuki et Demidov. La première unité, avec Noah Dobson et Oliver Kapanen, peine à garder la rondelle sous pression, et le Canadien pointe au 28e rang de la ligue avec l’avantage d’un homme. Ça ne s’améliorera pas tant qu’on n’y mettra pas des joueurs avec de meilleures mains, juge le chroniqueur.
Son exemple : Alexandre Texier, sous-utilisé en avantage numérique, a un bon tir et ne panique pas avec la rondelle. Mike Matheson a aussi mérité un autre essai sur la première unité — sinon, il faudra envisager un seul défenseur, Lane Hutson, avec Alex Newhook. La première unité n’a pas de porteur capable d’entrer en zone de façon régulière : en attendant le retour des deux étoiles, le Canadien devra gagner ses matchs à cinq contre cinq.
Pendant ce temps, le Rocket domine à Laval
La réserve du Canadien est plus mince qu’elle ne l’a été depuis le début de la reconstruction, il y a quatre ans. Pourtant, le Rocket de Laval est premier de la division Nord avec sept victoires en neuf matchs, grâce à un hockey serré, un bon système et des performances individuelles surprenantes.
En tête de classe : le défenseur recrue Luke Mittelstadt, qui mène non seulement les pointeurs du Rocket, mais toute la Ligue américaine avec 15 points en neuf matchs — une révélation absolue chez les professionnels. Le vétérant des mineures Reilly Walsh est deuxième pointeur de l’équipe, et Sasha Pastujov mène le club avec six buts.
Et ce n’est même pas la meilleure version du Rocket, souligne Wilde : Alex Belzile et Jared Davidson (toujours aucun but) partent lentement, Tyler Thorpe n’a pas encore marqué, Owen Beck est avec le grand club, David Reinbacher fait la navette, Bryce Pickford n’a pas encore joué en raison d’une blessure — il pourrait revenir d’ici deux semaines — et Fowler est parti. Le Rocket est la classe du Nord, et il peut encore être bien meilleur.
