David Reinbacher : l’énigme du CH

Trois ans après avoir été repêché au cinquième rang au total, David Reinbacher demeure le plus grand mystère du Canadien. Pas par manque de talent — par manque de présence. Les blessures ont fait de lui un fantôme : un espoir dont on parle plus qu’on ne le voit.

Retour en arrière. Repêchage 2023 : le CH crée la controverse en préférant le défenseur autrichien à Matvei Michkov. Kent Hughes vend alors un gros défenseur droitier au sens défensif aiguisé, mobile et intelligent avec la rondelle. Le portrait est alléchant. Le problème : personne n’a vraiment pu le voir se développer.

Sa première saison nord-américaine (2023-2024) s’arrête après 11 matchs avec le Rocket. La suivante est pire : une blessure au genou au camp d’entraînement du CH, une opération, et une saison pratiquement blanche — 10 matchs de saison régulière, 13 en séries avec Laval. En 2025-2026, rebelote : il se fracture un os de la main en matchs préparatoires et ne débute dans la LAH qu’à la fin octobre.

Trois ans, trois coups durs. De quoi faire douter les plus optimistes.

Et puis, enfin, la lumière. La saison 2025-2026 est devenue sa vraie première saison : 57 des 72 matchs du Rocket, 5 buts, 19 passes, un différentiel de +18 et 56 minutes de punition. Des chiffres qui racontent un défenseur à l’aise dans son territoire, de plus en plus physique, de plus en plus affirmé. Le moment charnière? Une séquence de huit matchs où, en l’absence d’Adam Engström, il a été utilisé en moyenne 24:53 par rencontre, avec six points et un +6. Les observateurs ont noté quelque chose de crucial : le jeu semblait enfin ralentir pour lui. Il anticipait, il dirigeait, il ne réagissait plus.

Récompense : un rappel à Montréal en avril, deux matchs dans la LNH — dont une passe à son tout premier match, en remplacement de Noah Dobson blessé. Un avant-goût, rien de plus. Mais un avant-goût prometteur.

Et cet été, pour la première fois depuis son arrivée en Amérique, Reinbacher a connu une saison morte normale : pas de rééducation, pas de plâtre, juste de l’entraînement. Selon le journaliste Marco D’Amico, son entourage aurait qualifié cet été de « fructueux ». Le CH lui avait concocté un programme physique exigeant pour le rendre plus solide dans les batailles à un contre un. Tout indique qu’il s’y est consacré corps et âme.

Voilà où en est l’énigme à 21 ans : un défenseur droitier de 6 pieds 3 pouces, classé 8e meilleur espoir de moins de 25 ans de l’organisation, qui correspond exactement au besoin du grand club — un arrière fiable, structuré, capable de jouer de grosses minutes contre de bons trios. La question n’est plus « est-il bon? », mais « quand? ».

La saison 2026-2027 s’annonce comme celle de la réponse. Après trois ans dans le brouillard, David Reinbacher est enfin en santé, enfin prêt, enfin visible. L’énigme est en train de se dissiper. Et peut-être que, bientôt, on cessera de se demander qui il est — parce qu’on le verra tous les soirs.

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